lundi 22 mars 2021

Franz von Papen et la Turquie



Franz von Papen, Memoirs, Londres, André Deutsch, 1952 :

"Sir Charles Petrie, l'historien britannique, a avancé la thèse selon laquelle la Convention anglo-russe [sur le partage de la Perse en sphères d'influence] a sauvé l'Europe sept ans plus tard, parce que l'Allemagne était obligée de se battre sur deux fronts. Mais c'est une inversion de la situation réelle. La Convention a non seulement complètement modifié l'équilibre des forces en Europe, mais la menace d'une guerre sur deux fronts a été l'une des principales causes de la course aux armements qui a suivi et des développements qui ont finalement conduit à la guerre.

La détérioration de nos relations avec la Russie aurait dû conduire à une amélioration des relations avec les nations occidentales, mais d'autres développements l'ont empêchée. Les politiques expansionnistes de la France en Afrique du Nord [référence au Maroc] ont excité la rivalité des Italiens, qui cherchaient à leur tour à obtenir une part de l'Empire turc chancelant. L'une des premières situations avec laquelle j'ai dû me familiariser avec l'état-major [allemand] était le danger croissant d'un conflit italo-turc sur la Libye. La Turquie n'était pas en mesure de résister à l'attaque italienne, mais Enver Bey, à l'époque l'attaché militaire turc à Berlin, où il était une de mes proches connaissances, est parti pour la Libye pour organiser la résistance des tribus locales. Ce conflit a placé l'Allemagne dans une situation extrêmement difficile. D'un côté, nous étions alliés à l'Italie, et de l'autre dans une relation d'amitié étroite avec la Turquie. Cela avait toujours été une règle majeure de notre politique étrangère que d'empêcher la division de son empire entre les grandes puissances. L'état-major a donc décidé de faire le geste d'envoyer un seul jeune observateur sur les lieux. Nos sympathies étaient entièrement du côté des Turcs, mais, comme lors de la guerre des Boers, nous étions davantage stimulés par le sentiment que par de véritables considérations politiques." (p. 23)

"En octobre 1912, un traité de paix a été signé [sous l'Entente libérale] à Ouchy, qui a privé la Turquie de la Libye et du Dodécanèse. Dans l'intervalle, la Turquie était menacée d'un autre côté. Sous le patronage russe, la Serbie, la Bulgarie, la Grèce et le Monténégro avaient formé une alliance secrète anti-turque. En octobre, le Monténégro a lancé une attaque et, au début de 1913, il y avait une situation de menace de guerre entre l'Autriche et la Russie. Le Kaiser a refusé de promettre l'aide de son pays et, en cela, il était fidèle à la tradition bismarckienne de ne jamais engager l'Allemagne dans les Balkans, à moins que l'existence de notre alliée, l'Autriche, ne soit menacée. En étroite coopération avec le gouvernement britannique, la paix européenne a été maintenue. Cependant, malgré le traité de Londres de décembre 1912, le conflit balkanique s'est prolongé. Enver Pacha, le défenseur de la Libye, a fait tomber le gouvernement turc avec le Comité Progrès et Union. La paix ne fut finalement signée qu'en mai 1913. La Grèce reçut Salonique et la Crète, la Serbie obtint la Macédoine du Nord et la Bulgarie la Thrace et la côte égéenne.

Peu de temps après, la Bulgarie a attaqué la Serbie et les Grecs, mais a été vaincue, tandis que les Turcs ont reconquis Andrinople. Ce conflit a été réglé par le traité de Bucarest en août 1913, par lequel la Bulgarie a de nouveau perdu la Macédoine et la côte égéenne, et a dû céder la Dobroudja à la Roumanie." (p. 25)


Edward J. Erickson, Ottoman Army Effectiveness in World War I : A Comparative Study, Londres, Routledge, 2007 :


"La majorité de l'état-major du Groupe d'armées Yildirim était stationnée à Jérusalem, travaillant sous la direction du chef d'état-major adjoint turc, le capitaine Hüseyin Hüsnü [Erkilet], et du major d'état-major allemand von Papen. Son commandant, von Falkenhayn, est resté à Alep." (p. 116)

"De nombreux conscrits des régions des corps d'armée VI et VIII étaient d'origine arabe et en 1917, la révolte arabe battait son plein. Matthew Hughes a commenté la composition arabe des divisions ottomanes défendant la ligne de Gaza en utilisant les données de Yιldιrιm de Hüseyin Hüsnü Emir [son livre]. Au cours de l'été 1917, le capitaine Hüseyin Hüsnü Emir a été nommé chef d'état-major adjoint du Groupe d'armées Yildirim de Falkenhayn et était en mesure d'observer directement les opérations d'état-major du Groupe d'armées de Yildirim. Les données d'Emir sont pertinentes car elles mettent en évidence le fait que l'état-major du groupe d'armées a conservé ces informations et a parlé de son intérêt pour la fiabilité des minorités ethniques à ce stade de la guerre." (p. 107-108)

"Les soldats arabes (ainsi que les Grecs, les Kurdes [inclus ici dans la catégorie "Turcs", probablement], les Juifs et les Arméniens) servant dans l'armée ottomane ne semblent pas s'être rendus en nombre disproportionné, comme on aurait pu s'y attendre [en 1917]. Un rapport du renseignement britannique recensant les 7.233 prisonniers et déserteurs ottomans capturés entre le 31 octobre et le 24 novembre 1917 a rendu compte de la démographie des hommes. Les Britanniques ont noté que 64 % des prisonniers étaient des Turcs, 27 % des Arabes et 9 % étaient des Grecs, des Arméniens et des Juifs. Des statistiques comparables contenues dans le rapport de Hüseyin Hüsnü Emir du 9 septembre 1917 sur la composition ethnique des divisions d'infanterie (voir le chapitre précédent) étaient 66 % de Turcs, 26 % d'Arabes et 8 % d'autres races. Il apparaît que les Britanniques ont capturé des soldats ennemis dans des proportions reflétant presque directement la composition ethnique de l'armée ottomane." (p. 129-130)


Franz von Papen, op. cit. :

"Quelles que soient les critiques que l'on peut adresser à Falkenhayn, son succès dans la construction d'un nouveau front à partir de rien était une réussite vraiment remarquable ; pourtant, cela aurait été impossible sans la fermeté farouche du soldat turc.

Notre problème suivant était de rendre aussi difficile que possible l'avancée de l'ennemi de la plaine côtière jusqu'aux hauteurs de Jérusalem.
Nous n'y sommes pas parvenus pendant longtemps. Dès que les Britanniques se sont regroupés, au début de décembre, ils s'avancèrent dans les collines sur un large front. Nous avons lancé une forte résistance sur la route de Jaffa, mais avons dû progressivement céder du terrain. Un matin, mon officier de radio m'a rapporté que l'émetteur britannique de Caernarvon avait diffusé une annonce selon laquelle les troupes allemandes défendant Jérusalem avaient "de la manière la plus impie" fait sauter le mausolée du prophète Samuel pour l'empêcher de tomber aux mains des Britanniques. L'émission a continué ensuite à pleurer sur les horreurs susceptibles d'être perpétrées dans la ville sainte de Jérusalem, que les "Huns" raseraient probablement.

Sur l'une des collines à l'extérieur de Jérusalem, il y avait en fait un ancien lieu de sépulture turc appelé Nebi Samvil, probablement à la mémoire du prophète. Deux mitrailleuses turques y avaient été stationnées pour prendre en enfilade l'avancée britannique, mais elles avaient été débusquées par des tirs d'artillerie bien placés, qui ont détruit le bâtiment avant la prise de la colline par les Britanniques. Ceci, je ne peux que le supposer, a fourni la base du rapport sur la "destruction honteuse de ce mémorial biblique par les Huns". Néanmoins, j'ai trouvé cette émission plutôt perturbante. D'après mon expérience aux Etats-Unis [en tant qu'attaché militaire], je savais que même la propagande la plus stupide et la plus mal fondée pouvait causer de gros dommages, et l'émission de Caernarvon était probablement un signe du pire à venir. J'ai fait part de mes craintes à Falkenhayn et je l'ai supplié d'évacuer Jérusalem avant que la ville ne soit directement attaquée, causant des dommages pour lesquels nous serions certainement blâmés. La ville n'avait aucune valeur stratégique et la Palestine pouvait être défendue aussi bien à trois milles au Nord. Sa perte n'était donc qu'une question de prestige. Cependant, pour Falkenhayn, c'était le facteur décisif. "J'ai perdu Verdun, je viens de perdre une nouvelle bataille, et maintenant vous me demandez d'évacuer une ville qui est le point de mire de l'attention du monde. Impossible !"

Mais je n'ai pas abandonné. L'aspect prestige paraissait sans importance par rapport à l'effet désastreux de la destruction des Lieux Saints qui devait en résulter si la ville était investie. J'ai envoyé un télégramme à l'ambassadeur d'Allemagne à Constantinople, mon ancien chef en Amérique, le comte Bernstorff, lui demandant d'intercéder auprès d'Enver Pacha pour l'évacuation de Jérusalem. J'ai également câblé au haut commandement allemand, expliquant la nécessité du mouvement. L'ordre d'évacuer la ville a été donné le 7 décembre et exécuté le lendemain, lorsque nous avons déménagé notre quartier général d'abord à Naplouse, puis à Nazareth. L'entrée "victorieuse" du général Allenby dans la ville a acquis une renommée mondiale, mais elle n'a eu aucune influence sur la campagne. Malgré l'effondrement du front du désert, nous avons réussi à contenir les armées d'Allenby en Palestine jusqu'en septembre 1918, date à laquelle l'issue de la guerre était décidée non pas au Moyen-Orient mais sur le front occidental." (p. 75-76)


François-Georges Dreyfus, Le IIIe Reich, Paris, Le Livre de Poche, 1998 :


"A ce moment [en 1933], Hitler louvoie entre sa gauche et sa droite : d'un côté, à la S.A. qui ne cesse de réclamer un véritable pouvoir de contrôle et de décision, en particulier en province, il accorde des commissaires spéciaux en Bavière ; en septembre 1933, par contre, il invite les Gauleiter à surveiller la S.A. et à limiter ses pouvoirs mais en octobre 1933, il accorde à Röhm des commissaires spéciaux en Prusse comme en Bavière.

A droite, les reliquats du D.N.V.P., les amis de von Papen, marmonnent et s'inquiètent des moyens accordés à ces « révolutionnaires ». (...)

Visiblement, plutôt que de rechercher une voie de conciliation, la Reichswehr semble se préparer à l'affrontement. Elle croit « dur comme fer » à la parole du Führer, lui affirmant que les deux piliers de la nouvelle Allemagne seront le parti et l'Armée.

Naturellement, les « conservateurs », eux aussi hostiles aux prises de position « révolutionnaires » de Röhm et de la S.A., cherchent à se rapprocher de la Reichswehr. Catholiques et conservateurs tentent de constituer un camp de la résistance à la S.A. et même, si possible, à Hitler. Ce sera le sens du discours prononcé par F. von Papen à Marburg le 17 juin 1934, discours où le vice-chancelier déclare  : « Celui qui menace avec la guillotine pourrait bien être la première victime. » Est-ce Röhm ou Hitler qui est visé ou les deux à la fois ? Hitler, furieux, n'oubliera pas le discours ! (...)

L'opération Colibri s'engage à Berlin sous l'autorité de Goering ; ici on va arrêter et liquider les adversaires réels ou potentiels d'Hitler, le général von Schleicher et sa femme [von Schleicher fut un des pionniers, aux côtés du général von Seeckt, de la coopération secrète entre la Reichswehr et l'Armée rouge "judéo-bolchevique" (poursuivie sous tous les gouvernements de Weimar, y compris celui de Papen en 1932) : c'est l'avènement d'Hitler qui y mit un terme, dès 1933], Gregor Strasser, von Kahr, Edgar Jung, le secrétaire de von Papen, rédacteur du discours de Marburg (...)." (p. 155-158)


Franz von Papen, op. cit. :


"J'ai perdu avec Jung un ami et un proche collaborateur. C'était un avocat avec un cabinet à Munich, et il était devenu connu comme l'un des conservateurs les plus actifs et les plus doués de la jeune génération. Il avait publié de nombreux ouvrages originaux, dans lesquels il a essayé de présenter une alternative pratique aux doctrines mécanistes et matérialistes de Rousseau, Marx, Engels et Lénine. Nos idées étaient parallèles, et je les avais exprimées lorsque j'ai pris la chancellerie, en exigeant une nouvelle conception de l'autorité de l'Etat.

Mes nombreuses tâches m'ont obligé à avoir quelqu'un pour m'aider à formuler ces idées. C'est mon vieil ami Humann qui m'a suggéré d'approcher Jung [Hans Humann, né à Izmir et mort de maladie en 1933, fils de l'archéologue Carl Humann (collaborateur d'Osman Hamdi Bey), fut officier de la marine allemande et attaché naval à Istanbul, c'était un ami d'Enver Paşa, il fut proche de l'industriel Hugo Stinnes (figure pragmatique de l'aile droite du DVP, et rival et admirateur du Kaiserjude Walther Rathenau) durant les premières années de la République de Weimar ; Humann et Papen avaient pour points communs d'être des catholiques originaires de la Westphalie, attachés au nationalisme allemand et à la monarchie des Hohenzollern, et d'avoir été impliqués dans l'alliance germano-ottomane pendant la Première Guerre mondiale]. Quand je lui ai demandé s'il serait prêt à agir en tant que conseiller non rémunéré, il a accepté avec enthousiasme. Ensemble, nous avons élaboré nos tactiques pour les premières élections hitlériennes. Nous serions d'accord sur un thème et Jung suggérerait l'ébauche d'un discours. Nous en discuterions ensuite pendant des jours ou, dans le cas du discours de Marbourg, pendant des semaines. Jung était protestant et était moins obsédé que moi par la nécessité de fonder toute reconstruction sur le renouvellement de l'éthique chrétienne dans la vie de tous les jours. Il m'a laissé le soin d'intégrer les enseignements de l'Eglise catholique à notre pensée politique.

Il a été responsable de nombre de mes discours sur la "révolution nationale". Lors de la discussion sur la loi habilitante, il a agi comme ma liaison avec le Parti national allemand [DNVP] et le Parti populaire bavarois [BVP] dans notre tentative de conserver le droit du président de promulguer des lois. Quand, dans la seconde moitié de 1933, il semblait qu'un retour à la normale était encore possible, Jung et moi nous nous voyions moins. Ce n'est qu'en mai 1934, lorsque Himmler et la Gestapo avaient atteint une position si puissante en Prusse et que la santé de Hindenburg commença à se détériorer, que nous nous réunîmes de nouveau pour élaborer le dernier appel que j'avais lancé à Marbourg." (p. 324)


Guillaume II (exilé à Doorn), entretien avec le journaliste W. Burkhardt, Voilà, n° 393, 30 septembre 1938 :

"J'ai cru pendant quelques mois au national-socialisme : je pensais qu'il était une fièvre nécessaire, et je voyais y participer certains hommes qui sont parmi les plus remarquables et les plus sages de l'Allemagne. Mais ceux-là, un à un, il [Hitler] les écarte ou les exécute : Papen, Schleicher, Neurath... Et même Blomberg. IL NE RESTE MAINTENANT QUE DES AVENTURIERS EN CHEMISE." (p. 4)


Antoine Fleury, La pénétration allemande au Moyen-Orient 1919-1939. Le cas de la Turquie, de l'Iran et de l'Afghanistan, Leyde, Sijthoff, 1977 :


"(...) la menace qui pèse sur la Turquie au lendemain de l'occupation de l'Albanie par les troupes de Mussolini, en avril 1939, dicte aux dirigeants d'Ankara de prendre des assurances contre un éventuel coup de main des puissances de l'Axe sur les Détroits.

Dépêché à Ankara, vers la fin avril, le nouvel ambassadeur du Reich, Franz von Papen, s'empresse de rassurer les Turcs sur les intentions des puissances de l'Axe et de les affermir dans la politique de neutralité qu'ils ont pratiquée jusqu'alors. Neutralité à laquelle, il est vrai, Ribbentrop et Weizsäcker ne croient déjà plus. Aux yeux de ces derniers, elle n'est plus qu'une fiction dont les Turcs se servent pour maintenir les indispensables relations commerciales avec le Reich. Pourtant, von Papen travaille assidûment, à la fois pour son prestige personnel et pour en montrer au nouveau patron de la Wilhelmstrasse, à faire revenir les dirigeants turcs de ce qu'il appelle déjà une « réorientation de la politique de neutralité turque ». Si les négociations anglo-turques aboutissent, écrit von Papen, c'est la position italienne qui se trouvera affaiblie en Méditerranée et par conséquent il en résultera un renforcement de la position anglaise dans les Balkans. Aussi s'évertue-t-il, auprès de Menemencioglou [Numan Menemencioğlu, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères turc], à faire en sorte que les engagements anglo-turcs envisagés se limitent à la seule Méditerranée orientale et n'incluent pas les Balkans. Il lui donne à entendre que l'Allemagne est bien la seule puissance européenne qui n'ait aucun intérêt direct en Asie-Mineure, mais qu'elle ne saurait tolérer la moindre diminution de son influence en Europe. Au cours de ses démarches, l'envoyé de Hitler reçoit aussi les assurances du commandant en chef de l'armée turque, le maréchal Çakmak, qui déclare impensable de voir un jour la Turquie prendre les armes contre l'Allemagne.

Pourtant, trois jours plus tard, le même von Papen télégraphie à Berlin le texte complet en français de la Déclaration anglo-turque du 12 mai, contenant une promesse d'assistance mutuelle « dans le cas d'un acte d'agression qui conduirait à une guerre dans la région méditerranéenne ». Dirigée essentiellement contre l'Italie, cette déclaration annonce aussi qu'un accord plus précis fera l'objet de négociations entre Londres et Ankara. (...)

Par ailleurs, les dirigeants de la Wilhelmstrasse envisagent déjà de recourir, en guise de pression, aux moyens que leur fournit la prépondérance économique. Mais, avant de se servir de cette arme, von Papen conseille aux deux puissances de l'Axe d'essayer de ramener, par d'autres moyens, la Turquie à une attitude de stricte neutralité. Il met en garde contre le risque de perdre définitivement ce pays au profit de l'Angleterre. Perte qui serait très lourde de conséquences dans le cas d'un conflit armé avec cette puissance. Car, poursuit Papen, pour abattre l'Angleterre, il faut l'atteindre en son point vital : l'Inde. A cet effet, les puissances de l'Axe doivent se réserver un pont vers l'Inde à travers la Syrie, la Palestine et la région de Mossoul. Or, si la Turquie est aux côtés des Anglais, elle pourra aisément barrer la route aux troupes de l'Axe, en disposant ses armées au sud du Taurus. En l'occurrence, dans une perspective stratégique, il est du plus haut intérêt que la Turquie soit neutre. Dans ce but, l'Italie devrait modérer et camoufler sa présence en Albanie ; elle pourrait aussi donner un îlot du Dodécanèse réclamé par Ankara. Il faudrait en effet un geste tangible pour débarrasser les Turcs de leur profonde méfiance à l'égard des Italiens. Les promesses grandiloquentes de Mussolini ne sont plus crédibles.

Pour Papen, il ne faudra avoir recours aux représailles commerciales qu'après l'échec des moyens politiques mis en œuvre. Même dans cette éventualité, il faudrait d'abord se limiter à dénoncer les contrats de matériel militaire, car une rupture brutale des relations germano-turques aurait pour conséquence de perdre l'excellente position acquise par le Reich en Turquie, au profit de l'Angleterre ; elle affecterait aussi considérablement les rapports avec l'Irak, l'Iran et le monde arabe." (p. 191-193)

"Sur le plan militaire, enfin, la neutralité turque constitue un écran protecteur, à défaut duquel les puissances belligérantes se heurteraient fatalement dans les Balkans. C'est du moins le raisonnement que tient un von Papen et qu'il réussira à faire partager, sinon à Ribbentrop, du moins à Hitler. Ses efforts aboutiront le 18 juin 1941 à la signature d'un traité d'amitié germano-turc qui deviendra la pierre angulaire des relations entre les deux pays, tout en rééquilibrant dans le sens d'une neutralité bienveillante envers l'Allemagne la politique de méfiance qu'avaient suscitée à Ankara l'axe Rome-Berlin et le pacte Hitler-Staline." (p. 195)


Alexander Dallin, La Russie sous la botte nazie, Paris, Fayard, 1970 :


"En fait, l'opinion turque était profondément divisée [sur la question des Turciques d'URSS]. Le groupe d'émigrés qui avait le plus d'audience auprès de von Papen était le Musawat qui, sous la direction d'Emin Resulzade, luttait pour l'indépendance de l'Azerbaïdjan [sous Mustafa Kemal, le social-démocrate Resulzade avait fait l'objet d'une perquisition par la police turque (1929), puis avait été expulsé de Turquie (1931), en raison de l'importance des relations turco-soviétiques]. (...)

Frappée par l'indulgence du gouvernement d'Ankara à l'égard de la propagande panturque d'Erkilet, la Wilhelmstrasse demanda instamment que l'on poursuivît les efforts en vue de s'assurer de la « neutralité bienveillante » de la Turquie.

Le sous-secrétaire d'Etat Ernst Woermann expliquait que les Alliés n'avaient rien à offrir à celle-ci ; par conséquent, si Ankara souhaitait consolider sa position (et, pour la Wilhelmstrasse, « consolidation » était synonyme d'expansion territoriale), l'Allemagne était l'alliée logique de la Turquie. A son avis, et bien qu'ils n'eussent pas encore formulé pareilles revendications, les Turcs étaient dans l'ensemble partisans de la création d'Etats turcs indépendants (au moins en apparence) en Crimée, dans le Nord-Caucase, dans l'Azerbaïdjan russe — les deux derniers en tant que parties d'un Etat caucasien et d'Etats analogues à l'est de la Caspienne.

Plus réaliste, Papen reconnaissait que la Turquie devrait chercher à demeurer neutre : « L'effondrement complet... de l'Empire britannique... n'est pas dans les intérêts turcs (qui exigent) le maintien de l'équilibre des forces en Méditerranée et s'opposent à l'hégémonie illimitée de l'Italie qui pourrait suivre la victoire complète de l'Axe. »

Aussi, l'ambassadeur préconisait-il la « douceur » : Toute tentative en vue d'inciter prématurément la Turquie à prendre position de façon active — en exigeant qu'elle entre en guerre ou accorde à nos troupes le droit de passage sur son territoire — la ferait infailliblement basculer du côté de l'ennemi.

Conscients de la précarité de la situation, les diplomates allemands et un certain nombre de militaires en liaison avec eux demandèrent que l'on fît des concessions au point de vue turc : amélioration du sort des prisonniers turcs, octroi de l'autonomie administrative à l'échelon local et poursuite d'une politique plus « éclairée » en Crimée. Il restait encore un pas à accomplir : instituer la coopération avec les émigrés caucasiens proturcs dont l'activité s'était intensifiée depuis le déclenchement de l'invasion.

De cette façon, la Wilhelmstrasse espérait prendre un pied dans les affaires russes en passant par la petite porte, mais Rosenberg s'opposa fermement à la manoeuvre. Et ce fut le conflit de l'Adlon à la suite de la conférence organisée en avril-mai 1942 par von Schulenburg. Pour une fois, le clan Bormann, hostile aux réfugiés et aux ronds de jambe diplomatiques, joignit ses efforts à ceux de la clique Rosenberg qui était résolue à faire avorter l'opération." (p. 182-185)

"Les Tartares de Crimée entretenaient traditionnellement des liens solides avec la Turquie, où les chefs du mouvement séparatiste criméen s'étaient installés. Aussi, peu après l'offensive allemande, différents groupes, en Turquie, commencèrent à laisser entendre que l'avenir de la Crimée ne les laissait pas indifférents. Certains de ces propos revinrent à von Papen. Ils se réduisaient à deux propositions concrètes : octroyer l'autogouvernement aux Tartares criméens dès que les Allemands auraient « pacifié » la péninsule ; envoyer à Berlin une délégation de Tartares criméens qui agiraient en tant que conseillers, voire comme représentants de leurs compatriotes. Au début du mois de novembre 1941, Papen lui-même fit la suggestion suivante à son gouvernement : Une fois la campagne terminée, installer en Crimée une administration où les Tartares criméens auront une part importante. Cela aurait un effet politique puissant en Turquie.

Dans le même temps, le général Erkilet demandait à l'Auswärtiges Amt des visas d'entrée pour deux Tartares appartenant au mouvement séparatiste émigré de Cafar Seydahmet. Les visas furent accordés et les deux émissaires arrivèrent bientôt à Berlin. Mais lorsqu'ils exprimèrent l'espoir de voir la Crimée accéder à l'indépendance, Rosenberg et Hitler tombèrent d'accord pour reconnaître le « danger d'un mouvement protouranien » et pour refuser aux deux « Criméens de Constantinople » l'autorisation de visiter les camps de prisonniers où étaient internés leurs compatriotes." (p. 200)


Robert Serrou, "Pie XII sera béatifié", Paris-Match, n° 1241, 17 février 1973 :


"Témoignage sensationnel : celui de Franz von Papen. Le père Cairoli a pu le recueillir à Aix-la-Chapelle peu de temps avant la mort de l'ex-chancelier allemand.

C'était pendant la Seconde Guerre mondiale. Roncalli était délégué apostolique, c'est-à-dire représentant du pape, à Istambul. Von Papen, lui, était ambassadeur du Reich. Catholique pratiquant, il se rendait tous les dimanches à la résidence du prélat pour assister à sa messe. Après l'office, sa femme et sa fille s'emparaient de balais et faisaient le ménage dans la chapelle. Hitler se méfiait de von Papen et il l'avait relégué à ce poste éloigné. Mais il lui expédiait périodiquement de grosses sommes d'argent destinées probablement à suborner des fonctionnaires turcs. Il voulait, en effet, à tout prix que la Turquie entre en guerre aux côtés de l'Axe. Mais, pour cet argent, l'ambassadeur avait meilleur usage. Il le donnait à Mgr Roncalli. Celui-ci, par une filière secrète, faisait passer en Turquie les réfugiés juifs chassés des Balkans par les armées nazies. Les deux complices ont ainsi pu sauver 240.000 [plutôt 24.000, probable erreur dactylographique] vies humaines [si Papen embellissait certainement les choses, son rôle d'assistance est confirmé par le témoignage de Roncalli, comme l'a rappelé l'historien Alexandre Adler (cf. son livre Une affaire de famille. Jean XXIII, les juifs et les chrétiens, Paris, Editions du Cerf, 2014) ; par ailleurs, M. Adler (dont la grand-mère Marie Bauer était alors une responsable sioniste à Istanbul, elle-même impliquée dans ce sauvetage) a toujours reconnu la sollicitude de la République turque à l'égard des réfugiés juifs pendant la Seconde Guerre mondiale]. Et von Papen conclut ainsi son témoignage : « Jean XXIII était un homme de Dieu avec les deux pieds sur terre. »

A cette époque, Roncalli représentait en même temps le Saint-Siège en Grèce. Là aussi, il est parvenu à sauver de la la mort des dizaines de résistants condamnés par les nazis. Ceux-ci étaient commandés par le feld-maréchal von List, compagnon d'armes et ami de von Papen. Le délégué apostolique rendit un jour visite au feld-maréchal. La conversation dura longtemps et sans témoins. Mais à partir de ce moment, chaque fois que des résistants grecs étaient arrêtés par des troupes allemandes, Roncalli prenait sa plus belle plume et envoyait à von List un recours en grâce. Celle-ci était toujours accordée." (p. 83-85)


Rui Afonso, "Le “Wallenberg Portugais” : Aristides de Sousa Mendes", Revue d'histoire de la Shoah, n° 165, janvier-avril 1999 :


"Un spectacle affligeant attendait Mendes [consul portugais à Bordeaux] à Bayonne. Cette ville de 30 000 habitants avait vu sa population décupler. Selon Mendes, il y avait peut-être 5 000 réfugiés qui assiégeaient le consulat du Portugal, suivis d'environ 20 000 personnes prêtes à prendre leur place.

Toujours de présence aristocratique et impressionnante, Mendes se fit un passage entre les réfugiés. Dans le consulat, il rencontra le consul Faria Machado et le ministre plénipotentiaire du Portugal en Belgique, Francisco de Calheiros e Meneses. Selon Sebastian Mendes, son père avait demandé à Faria Machado ce qu'il ferait s'il se trouvait avec sa femme et ses enfants dans la même situation que ces pauvres réfugiés. Quand Faria Machado répondit qu'il ne faisait que suivre les ordres de ses supérieurs, Mendes lui rappela qu'il était lui aussi son supérieur. Mendes lui ordonna de délivrer autant de visas que nécessaire.

De nouveau, ce fut le travail à la chaîne. Selon Lucien Bromberger, réfugié belge juif dont toute la famille fut sauvée par Mendes, les passeports furent ramassés dans la rue, apportés au bureau du consul, estampillés et signés, et puis remis à leurs propriétaires dans la rue. Faria Machado, Calheiros e Meneses et Vieira Braga aidèrent Mendes. Calheiros e Meneses se justifiera plus tard en disant avec un peu trop d'ingénuité qu'il ne lui était même pas venu à l'esprit qu'un fonctionnaire avec autant d'années de service que Mendes fût capable de désobéir aux ordres du ministère [portugais]. Il n'y a pas le moindre doute que Calheiros e Meneses savait exactement de quoi il s'agissait : trois ans après, en Turquie, il aiderait le nonce papal Angelo Giuseppe Roncalli (le futur pape Jean XXIII) et l'ambassadeur allemand, Von Papen, à sauver des enfants juifs." (p. 20-21)


Franz von Papen, op. cit. :


"Fevzi Pacha, le maréchal Çakmak, avec qui j'avais combattu sur le Jourdain en 1918, et qui fut l'un des principaux architectes de la révolution d'Atatürk, représentait en fait bien plus que le simple titre de chef d'état-major ne le laisse entendre. Il était l'autorité absolue sur toutes les questions concernant les forces armées et probablement l'homme le plus digne de confiance de la Turquie moderne. Son remplaçant [le général Kâzım Orbay (beau-frère d'Enver)] a donc été accueilli avec des sentiments très mitigés. C'était une erreur d'étiqueter ce grand soldat, ou l'un de ses principaux généraux, comme pro-allemands ou pro-britanniques. C'étaient des patriotes turcs, et leur première préoccupation était la sécurité et le bien-être de leur nation. (...)

Le 8 février [1944], j'ai eu le plaisir de recevoir le cabinet turc à l'ambassade pour entendre un concert du célèbre pianiste Gieseking. M. Menemencioglu [alors ministre des Affaires étrangères] n'a pas tenté de dissimuler son inquiétude face à la situation et m'a dit que la Turquie ne pouvait pas permettre que ses relations avec ses alliés britanniques et américains se détériorent. Il fallait qu'il cherche des moyens de rapprochement, et j'ai compris qu'il pensait à nos relations commerciales.

Le gouvernement de Berlin n'a pas facilité les choses aux Turcs. Les relations de l'Allemagne avec la Hongrie avaient atteint un stade si aigu que le Premier ministre, M. Kallay, craignit un attentat contre sa vie et se réfugia une nuit dans la légation turque. Très furieux, Ribbentrop m'a demandé par télégramme de faire pression sur le gouvernement turc pour qu'il refuse le droit d'asile à M. Kallay. Je n'avais aucune envie de voir la vie de cet homme d'Etat en danger et, dans une conversation avec M. Menemencioglu, je me suis assuré que les Turcs n'avaient pas l'intention d'abandonner les droits extraterritoriaux de leur légation. J'ai donc informé Ribbentrop qu'il n'était pas question de refuser l'asile.

La campagne nazie contre les Juifs m'a causé d'autres difficultés. Hitler m'a ordonné de retirer les passeports de tous les émigrés allemands en Turquie et de les priver de la citoyenneté allemande. J'ai résisté à cet ordre et j'ai informé Ribbentrop que la majorité des émigrés avaient quitté l'Allemagne avec l'entière permission du gouvernement et que beaucoup d'entre eux avaient occupé des postes dans les universités et autres institutions turques. Ils ne s'étaient engagés dans aucune activité politique et restaient fidèles à l'Allemagne, même s'ils trouvaient le régime nazi inacceptable. Je ne voyais pas comment exécuter ses instructions et je lui ai dit que le gouvernement turc considérerait une telle démarche comme inexplicable. Aucun émigré n'a été molesté de quelque manière que ce soit. J'ai été en butte à nouvelles critiques de la part du parti, qui exigeait un boycott de toutes les entreprises juives en Turquie. J'ai souligné qu'une telle restriction n'avait aucune validité dans un pays neutre et, pour souligner ce point, que je faisais la plupart de mes propres achats dans des magasins juifs.

J'ai pu rendre un autre service aux victimes de la campagne antisémite d'Hitler. J'ai appris par l'un des professeurs émigrés allemands que le secrétaire de l'Agence juive m'avait demandé d'intervenir dans l'affaire de la menace de déportation vers des camps en Pologne de 10.000 Juifs vivant dans le sud de la France. La plupart d'entre eux étaient d'anciens citoyens turcs d'origine levantine. J'ai promis mon aide et discuté de la question avec M. Menemencioglu. Il n'y avait aucune base légale pour justifier une action officielle de sa part, mais il m'a autorisé à informer Hitler que la déportation de ces anciens citoyens turcs provoquerait une émotion en Turquie et mettrait en danger les relations amicales entre les deux pays. Cette démarche a réussi à étouffer toute l'affaire." (p. 520-522)


"Le procès de Nuremberg", La Croix, 30 juin 1946 :


"S. Exc. Mgr Roncalli entendu sur Commission rogatoire

Sur Commission rogatoire du tribunal international de Nuremberg, saisi d'une requête du défenseur de von Papen, M. Dejean de la Bâtie, doyen des juges d'instruction de Paris, s'est rendu à la nonciature, avenue du Président-Wilson, pour recueillir la déposition de S. Exc. Mgr Roncalli.

Il s'agissait d'un témoignage sur la moralité générale de von Papen que le nonce apostolique a connu lorsqu'il était délégué apostolique à Istamboul." (p. 2)


"M. von Papen camérier secret", La Croix, 30 octobre 1959 :


"On apprend que l'ancien vice-chancelier du Reich, Franz von Papen, a été nommé camérier secret de Sa Sainteté, à la date du 24 juillet. M. von Papen avait été reçu par S. S. Jean XXIII en janvier dernier. Il s'étaient connus à Istanbul, pendant la guerre, et Mgr Roncalli avait eu l'occasion de demander l'aide de l'ambassadeur d'Allemagne pour son action en faveur des victimes de guerre.

M. von Papen a été acquitté par le tribunal de Nuremberg, lors du procès des criminels de guerre. Mais il a été ensuite condamné à huit ans de travaux forcés par les tribunaux allemands pour sa collaboration avec le nazisme. Le comte Strachwitz, ambassadeur de la République fédérale auprès du Vatican, a fait une démarche à la Secrétairerie d'Etat, et l'on indiquait mercredi à Bonn qu'il avait exprimé la surprise de son gouvernement en apprenant la nomination de l'ancien diplomate à la charge honorifique de camérier." (p. 3)


"Von Papen demande à un journal turc de plaider la cause de l'Allemagne", Le Monde, 3 novembre 1949 :

"M. von Papen, ancien chancelier et ancien ambassadeur d'Allemagne en Turquie, vient d'adresser au directeur du Cumhuriyet, le plus grand journal de ce pays, une lettre dans laquelle il écrit notamment :

"Selon moi les intérêts de l'Allemagne et de la Turquie sont similaires.
L'Allemagne orientale est devenue un Etat satellite comme ceux des Balkans. L'Asie totalitaire franchit l'Elbe, et les Soviets disposent de la bombe atomique. Ainsi nos deux pays sont pris dans l'engrenage de l'histoire.

"Il faut en tout cas, ajoute von Papen, surmonter les obstacles qui se dressent sur notre chemin. Votre journal fut toujours un champion d'une Europe unie dont la Turquie formerait une partie indispensable. Continuez à demander au monde anglo-saxon qu'il écarte les hésitations et les doutes, et que l'Allemagne occidentale soit admise avec des droits égaux dans cette Europe unie.""


Sur la Première Guerre mondiale : Ali Fuat Erden et Hüseyin Hüsnü Erkilet : d'une guerre mondiale à l'autre

Le pape Benoît XV et l'Empire ottoman

Enver Paşa (Enver Pacha) et les chrétiens de Jérusalem

Ottomanisme jeune-turc : l'intégration de divers chrétiens européens (slaves, valaques, albanais) dans les forces armées ottomanes

Enver Paşa (Enver Pacha) et les Grecs

 
 

Les officiers arméniens de l'armée ottomane pendant la Première Guerre mondiale

Enver Paşa et les Juifs

Les Jeunes-Turcs et le sionisme

Rôle de l'Allemagne : les désaccords profonds de Hilmar Kaiser avec Vahakn Dadrian et Taner Akçam

Atrocités arméniennes : une réalité admise par les Allemands contemporains (en public et en privé)

Mémoires de guerre : les contradictions entre le général Ludendorff et le maréchal Hindenburg

Archak Zohrabian et Alexandre Parvus : anti-tsarisme, nationalisme économique et ralliement aux Centraux

Les relations entre Hans von Seeckt et Enver Paşa (Enver Pacha)

La précocité du nationalisme turc de Mustafa Kemal

La rivalité germano-ottomane dans le Caucase (1918)

Sur la Seconde Guerre mondiale : La Turquie kémaliste et l'Allemagne nationale-socialiste

La Turquie kémaliste face à l'expansion de l'Axe dans les Balkans
    
La neutralité turque pendant la Seconde Guerre mondiale

La pression fiscale en Turquie pendant la Seconde Guerre mondiale

Seconde Guerre mondiale : le sauvetage des Juifs d'Europe par la Turquie kémaliste

Comment la Turquie d'Ismet Inönü a sauvé les Grecs de la famine dans les années 40 : l'épopée du cargo turc SS Kurtuluş

Le maréchal Fevzi Çakmak et les Arméniens

Berlin, 1942 : rencontre entre Nuri Killigil (frère d'Enver Paşa) et Alexandre Khatissian (dachnak)

Les critiques militaires du général Hüseyin Hüsnü Emir Erkilet

Seconde Guerre mondiale : les lourdes responsabilités de l'administration grecque dans la déportation des Juifs de Salonique et la spoliation de leurs biens

L'antisémitisme bulgare

Les activités collaborationnistes de Garéguine Njdeh en Bulgarie

La cinquième colonne arménienne en Turquie pendant la Seconde Guerre mondiale

Pacte de non-agression germano-soviétique : l'instrumentalisation du nationalisme arménien par Moscou

Opération Barbarossa : la violente persécution de la diaspora turco-mongole par les nazis allemands

Opération Barbarossa : l'extermination partielle des prisonniers de guerre turco-mongols par les nazis

Les Azerbaïdjanais pendant la Seconde Guerre mondiale
  
L'arménophilie d'Alfred Rosenberg

Le turcologue Gerhard von Mende et les Arméniens

Juifs et Arméniens : les "oublis" de Stefan Ihrig

Sur la droite nationaliste turque après la Seconde Guerre mondiale : La droite nationaliste turque sous le multipartisme (années 40-50)