vendredi 3 mars 2017

Mustafa Tchokay : "La question d'un Etat Touranien"




Mustafa Tchokay, "La question d'un Etat Touranien", Prométhée, n° 38, janvier 1930, p. 9-14 :
La presse soviétique de Moscou, plus encore celle des régions turkes de la Russie bolcheviste, ont suivi et continuent à suivre avec une attention soutenue l'activité secrète de l'organisation « contre-révolutionnaire » qui s'est donnée pour but de constituer un Etat touranien.

Des colonnes des journaux soviétiques « l'épouvantail » d'un Etat touranien est venu prendre place dans les journaux de l'émigration russe ; parmi ces derniers, il en est qui se sont plaints bien souvent de la déformation de leurs propres idées et articles par la presse bolcheviste. Or, cette fois, le mensonge bolchevik a été accepté comme une chose authentique par ces journaux russes et un cri d'alarme a été poussé contre la menace d'une dictature à laquelle serait soumise le peuple russe par des peuples aujourd'hui sous la domination de la Russie soviétique. Dans le cas présent, nous avons en vue l'organe de l'ancien chef du Gouvernement Provisoire de Russie, M. Kerenski, les Dni. Dans le N° 64 du 24-11-29, les inventions bolchevistes d'une prétendue « dictature des opprimés sur le peuple russe » s'est confondue avec des informations, en partie truquées ou déformées de certains milieux, hostiles depuis un temps immémorial à la Turquie, concernant le « pantouranisme » de la Turquie kémaliste. Il en est résulté un fâcheux mélange dans le genre de ce que les « panturks » discutent ouvertement la question de l'union des provinces russo-turkes (de la Volga au Pamir) à la Turquie kémaliste.

A aucune époque et sous aucune forme, nulle part et avec personne la question de l'union, disons du Turkestan avec la Turquie, n'a été posée.

Le pantouranisme de la Turquie contemporaine est un mythe, créé et entretenu par ceux qui pourraient tirer parti de l'hostilité entre la Russie et la Turquie, entre les peuples russe et turc.

Et le Turkestan même, centre géographique et national du Touran et du touranisme, se représente et continue à se représenter la vie sous un tout autre aspect que celui sous lequel l'a représenté dans un article par trop enthousiaste l'ancien chef du Gouvernement révolutionnaire provisoire de Russie, M. Kerenski.

Il est certain que nous sommes turcophiles, que nous aimons la Turquie. Nous nous inclinons devant Kemal, son chef d'Etat actuel. C'est grâce à lui que la Turquie a conquis son indépendance nationale. C'est lui qui a dégagé la vie politique de la Turquie et des peuples turks en général de l'emprise du fanatisme religieux ; c'est lui encore qui a jeté les bases de l'Etat laïque et il a transformé la Turquie impériale du sultan et khalife en république. Qu'on s'arrête un peu sur deux importantes réformes de Moustapha Kemal : sur l'émancipation de la femme dont le visage n'est plus caché par le voile et devant laquelle la voie vers une vie politique reste ouverte et sur la latinisation de l'alphabet. Que l'on compare ces réformes avec ce qui se passe au pays de la dictature du prolétariat, en Union soviétique, autour de ces deux réformes. Quelle sanglante lutte pour une question de voile ! quelle lutte à cause des caractères latins !

Moustapha Kemal et sa Turquie nous sont chers en raison de ces exemples et aussi parce qu'il a laissé entendre que ce n'est qu'après être rentré dans la voie de la libération nationale, et s'il est permis de dire, dans la voie de la souveraineté nationale, qu'on peut préparer le terrain pour des réformes véritablement révolutionnaires libératrices.

Moustapha Kemal est trop sensé, trop perspicace pour s'abandonner au rêve de l'annexion à la Turquie « des régions turkes de la périphérie russe, de la Volga au Pamir ». Et nous-mêmes, ne tomberions-nous point dans la chimère si, juchés sur le « Toit du Monde », autrement dit sur le Pamir, nous faisions appel par delà les montagnes et les mers, à l'aide de Moustapha Kemal.

Non, le grand mérite de Mustapha Kemal, à nos yeux, sera de savoir, si vivant en paix avec tout le monde et dans le calme dans son pays, il réussira à consolider définitivement et d'une manière inébranlable, le régime démocratique dans la Turquie républicaine.

Ni pantouranisme, ni panturquisme, mais simplement turquisme, voilà le mot d'ordre de la Turquie contemporaine, que nous avons la prétention de connaître un peu mieux que le rédacteur tendancieusement informé à ce sujet du journal hebdomadaire, les Dni.

Dans le programme de l'organisation « contre-révolutionnaire » qui s'est donnée pour but la création d'un Etat touranien, programme qui a inspiré à M. Kerenski l'article criard sur la « Dictature imposée au peuple russe », l'on chercherait en vain une allusion à cette dictature. Cette niaiserie est l'oeuvre du bolchevik bulgare Kosta Tabolov qui s'est spécialisé dans le pays de la « fraternité internationale », c'est-à-dire en U.R.S.S., dans l'art de dresser Moscou « la slave » contre les confins « turks » de la Russie bolcheviste.

Il nous a été donné de lire l'article de ce Kosta Tabolov dans la Pravda ainsi que le compte rendu de son rapport à l'Académie communiste à Moscou et nous avons fait un rapprochement avec ce" qui a été dit et écrit sur l'affaire Soultan Galiev (c'est précisément l'affaire de « l'Etat touranien ») dans les journaux de Kazan et du Turkestan en dialectes tatare, bachkir, kazak-kirghize et uzbek, ainsi qu'en langue russe.

Nous avons lu également : les résolutions du Bureau du Comité régional du parti, organe suprême du parti au Tataristan, du 26 septembre 1929 ; le rapport d'un certain Razoumov à la réunion de l'Active du parti à Kazan (Krasnaïa Tataria, 20-10-29) ; son discours au plenum du Comité régional (Krasnaïa Tataria, 11-11-29) ; les articles de Tarkanov Kout, Espar (Krasnaïa Tataria, 3-11-29, 31-11-29 et 1-12-29), et de nombreux articles et notes consacrés à l'affaire Soultan-Galiev. Et il apparaît parfaitement que Kosta Tabolov, selon son habitude, a tout simplement menti.

Soultan Galiev Mirsaïd, tel est le nom exact de celui qui a donné lieu à cette affaire, est l'un des Tatares qui le premier a pris place dans les rangs du parti bolchevik depuis l'apparition du pouvoir soviétique. Il a lutté courageusement dans les rangs soviétiques, non seulement contre les Russes blancs, mais encore contre le mouvement national de son propre peuple. Il commença à se détourner du bolchevisme ou moment où des changements se manifestèrent dans la politique du gouvernement soviétique sur la question nationale, après que M. Staline et quelques autres eurent déclaré que l'idée d'auto-détermination d'un peuple n'est autre qu'un instrument de propagande dans les pays qui se trouvent sous le pouvoir de l'Europe impérialiste. Pour ce qui est de la Russie, « la réalisation de ce principe, pour employer les propres termes de M. Staline, amènerait l'affaiblissement du centre révolutionnaire russe ; du reste, ajoutait-il, les travailleurs des confins ont volontairement refusé de profiter de ce droit et les imbéciles seuls peuvent exiger la séparation des confins pour constituer des Etats nationaux indépendants ». De là cette déclaration de Soultan Galiev qui constate que les « panrussistes » de l'U.R.S.S. (c'est ainsi qu'il désigne les bolcheviks de Moscou) « ont rétabli la Russie, une et indivisible » (Krasnaïa Tataria, 20-10-29). La lutte contre ce « panrussisme » constitue la base du programme de Soultan Galiev. Il dit (d'après la Krasnaïa Tataria du 20-10-29) : « J'ai envisagé deux voies pour la liquidation du pouvoir soviétique (des panrussistes) : le glissement progressif du parti communiste et du pouvoir soviétique sur les rails du capitalisme d'Etat et de la démocratie bourgeoise d'une part, ou l'échec de la révolution à la suite d'un conflit armé entre le pouvoir soviétique et la bourgeoisie. »

Dans l'une ou l'autre de ces formes de « liquidation du pouvoir soviétique », Soultan-Galiev n'a rien aperçu de ce qui aurait pu être de quelque utilité pour son peuple, pour les peuples touraniens opprimés et subjugués par les « panrussistes ».

Partant de cette idée, d'une chute « inévitable » prochaine du pouvoir soviétique et de la continuation possible sous une autre forme d'oppression de son peuple, Soultan-Galiev a songé à la « nécessité de préparer la constitution de ce qu'on appelle un « Etat touranien » en tant que république démocratique du peuple sur les bases du capitalisme d'Etat ».

Il est tout naturel que dans la lutte engagée contre le genre d'impérialisme socialo-communiste des « panrussistes » pour employer l'expression de Soultan-Galiev, les Tatares communistes se sont mis à chercher des alliés fidèles. Où les chercher sinon parmi les parents touraniens, d'autant plus, que dans ce centre géographique et national que représente le Turkestan, se poursuit depuis bientôt treize ans une lutte acharnée contre « l'impérialisme communiste ». C'est donc avec raison qu'un certain N. Popov considère le « touranisme de Kazan, comme un coin de la lutte engagée contre l'hégémonie moscovite au Turkestan d'abord, ensuite en Ukraine et au Caucase (cf. le journal Kazak-Kirghize Enbekchi Kazak du 12-11-29).

Le projet de grouper tous les peuples turks : Tatares, Bachkirs, Kazak-Kirghizes, Uzbeks, Turkmènes, en un Etat unique pour en former une seule République Turke au Turkestan, pour s'en tenir seulement à la période révolutionnaire russe, remonte à l'année 1919. Le bolchevik Espar fait donc erreur lorsqu'il attribue ce projet à Enver pacha, lequel, lors du Congrès des peuples d'Orient à Bakou en septembre 1920, aurait exigé par « l'intermédiaire des charlatans politiques du Turkestan, de rappeler l'armée rouge de ce pays, de liquider le Bureau du Comité exécutif et les organes de la Tchéka au Turkestan, affirmant que tout comme sous le tsar, une politique de colonisation se poursuit au Turkestan ». Qu'il nous soit permis d'insister sur les déclarations des délégués du Turkestan au Congrès de Bakou. A cet effet, il sera bon de fournir quelques explications sur le « pantouranisme » ou si l'on croit mieux, sur le « panturquisme » de 1919.

L'été de cette année, s'ouvrait à Tachkent la 3e Conférence des organisations communistes musulmanes. La résolution prise au cours de cette conférence disait notamment :

« Dans l'intérêt de l'union internationale des travailleurs et des peuples opprimés il est nécessaire de propager, par voie d'agitation communiste, l'idée de mettre fin aux aspirations des peuples turks de se différencier par origine et par appellation en Tatares, Kirghizes, Bachkirs, Uzbeks, etc., pour former de petites républiques, mais plutôt de les grouper dans le but de constituer une masse susceptible d'entraîner les autres peuples turks ne faisant pas partie de la République Fédérative de Russie lesquels viendraient se ranger aux côtés d'une République soviétique turke, c'est-à-dire aux côtés du Turkestan ».

Peut-on reprocher leur panturquisme aux « musulmans communistes » à peine lettrés et n'ayant aucune maturité politique qui se trouvèrent à l'époque réunis à Tachkent, lorsque Bakounine lui-même, révolutionnaire autrement célèbre et destructeur des bases du monde chantait autrefois le « panslavisme » en tant que « foi et croyance » des Slaves ? quoi d'étonnant que les « poussins communistes » non encore débarrassés de la coquille du nationalisme turk ne soient portés à chanter et à souhaiter « l'union sous une forme unique de république turke, turkestanienne ou touranienne, peu importe le titre, le monde turk « coupé en lambeaux de la Volga au Pamir » comme le dit M. Kerenski lui-même.

Le Congrès de Bakou sur lequel s'appuie le moscovite de Kazan, Espar, en tant que première manifestation du « touranisme » fut convoqué un an après le vote de la résolution « panturque » de la Conférence de Tachkent. Enver ne prononça pas un seul mot à ce Congrès sur le Turkestan. Il ne parla qu'au nom de l'Union des organisations du Maroc, de l'Egypte, de l'Algérie, Tunisie, Tripoli, Arabie et de l'Inde. Un mandat approprié fut préparé spécialement pour Enver, grâce aux efforts du Komintern et du Commissariat pour les affaires des nationalités, à la tête duquel se trouvait à l'époque le secrétaire général du parti communiste russe actuel, Staline. Ce n'est que deux années et deux mois plus tard, en novembre 1921, qu'Enver parla pour la première fois dans les montagnes de la Boukharie orientale, c'est-à-dire dans le Tadjikstan actuel, de ce qu'il avait entendu du Congrès de Bakou, détails qui lui avaient été racontés par les délégués du Turkestan, mais auxquels, à l'époque, il n'attachait aucune importance particulière.

Les « charlatans politiques turkestaniens » du Congrès de Bakou, pour employer l'expression du bolchevik Espar, avaient à leur tête ce même Tourar Ryskoulov, le vice-président actuel du Conseil des Commissaires de la République Fédérative de Russie, et le discours sur la « politique coloniale » des Soviets au Turkestan fut prononcé au milieu d'un enthousiasme indescriptible, coupé fréquemment des bravos de tout le Congrès (cf. compte rendu sténographique, p. 90) par le délégué sans parti Narboutabekov. Le président du Komintern à l'époque, M. Zinoviev, lequel présidait le Congrès, dut lui-même reconnaître que les agents du pouvoir soviétique au Turkestan « continuaient à appliquer l'ancienne tradition bourgeoise du tsarisme à jamais maudite, et qu'ils persistaient à considérer la population locale comme une race inférieure ».

Et cela suscite une indignation aussi juste que légale, disait alors M. Zinoviev (cf. le compte rendu sténographique, p. 227). Depuis lors, la situation de nos régions sous le pouvoir soviétique a empiré. « Désireuse d'affaiblir économiquement et politiquement le Turkestan, Moscou a démembré les peuples touraniens pour constituer de ces tronçons de petites républiques tribales » (nous citons ici les paroles de Soultan-Galiev) qu'elle a désignées sous le nom de « Républiques soviétiques socialistes nationales ». Et d'abord, dans les mains de qui se trouve le pouvoir dans ces républiques ? Chalva Eliava, va nous le dire. Dans sa déclaration faite à la session de décembre du Comité central exécutif de l'U.R.S.S. à Moscou en 1928, sur l'Uzbekistan, l'une des républiques considérée comme la plus avancée d'entre les républiques « turkes nationales », Eliava disait :

« Il ne faut pas oublier queia république uzbèke travaille sans posséder de prolétariat. En Uzbèkistan le prolétariat constitue une catégorie bien imprécise. Si l'on y trouve des ouvriers, ce ne sont que des éléments venus du dehors. (cf. le compte rendu sténogr., Bull. N° 21, p. 47-48).

Nous ferons remarquer ici, que ces paroles de M. Eliava ont été prononcées dans le but de réfuter les arguments cités dans notre brochure « Chez les Soviets en Asie Centrale », arguments qui révélaient que le pouvoir en Uzbèkistan était réalisé sous forme de dictature du prolétariat russe.

Et que dire du Tataristan, que bien peu connaissent ici et dans lequel on a découvert un centre de « touranisme » ? Dans cette république, en dépit de son « pouvoir national », la situation est tout aussi mauvaise que dans les autres régions du monde « touranien » placées sous le pouvoir des Soviets. Ce n'est qu'après la découverte de l'organisation de Soultan Galiev, que Messieurs les moscovites se sont souvenus que « jusqu'à présent on avait accordé trop d'attention à la création de cadres dirigeants nationaux ». A présent seulement, c'est-à-dire après les révélations de l'affaire Soultan-Galiev, Messieurs les moscovites ont songé à introduire dans le Comité régional, deux ouvriers tatares (Krasnaïa Tataria, 11-11-29). Ce n'est qu'après avoir remarqué le danger que présentait l'affaire Soultan-Galiev, que Messieurs les moscovites ont pensé que les Tatares pouvaient occuper avec profit pour l'Etat des postes dans des établissements scientifiques du Tataristan. A présent seulement, Messieurs les moscovites sont obligés de reconnaître que le nombre de Tatares dans les entreprises du Tataristan est insignifiant et c'est pourquoi, hâtivement, ils ont donné l'ordre de porter en un an le nombre des ouvriers Tatares à 30 de l'ensemble des ouvriers.

Et que s'est-il passé dans cette « colonie communiste » qui se dissimule sous l'enseigne trompeuse de « République soviétique nationale » ? Qu'il nous soit permis de citer quelques exemples de l'Administration soviétique au Tataristan.

La seule femme tatare-ingénieur, Mme Kamaleddinov était l'objet de brimades du seul fait qu'elle était tatare, de la part de ses camarades russes. Les nommés Borissov, Oulianova et Kozlova lui manifestaient personnellement de la malveillance et les ingénieurs Vuigodski et Mirski les soutenaient au nom de seize autres ingénieurs (cf. Krasnaïa Tataria, 21-11-29).

L'ouvrier tatare Bibkov, les employés de mairie tatares, Khassanov, Chaguidoulline et Blochev furent également tracassés avant que d'être chassés de leurs postes, du seul fait qu'ils étaient Tatares.

Dans cette même fabrique de fourrures où la femme ingénieur tatare Kamaleddinova avait été l'objet de tracasseries, le nouveau directeur Ossipov, membre du parti, s'empressa, aussitôt qu'il eut pris possession de son poste, de « chasser du service les ouvriers expérimentés tatares, sous le prétexte que les Tatares ne lui convenaient point ». (Krasnaïa Tataria, 1-12-29).

Voici encore l'institutrice, Borissovskaïa, femme d'un membre du presidium de l'Inspection ouvrière et paysanne, qui persécutait cruellement une élève tatare nommée Charipova sous les sarcasmes de la classe. L'institutrice déjà nommée déposait des parasites sur l'enfant tatare qu'elle obligeait ensuite à les attraper et à les écraser (quelle sauvagerie).

Signalons enfin le cas suivant enregistré à la section de l'économie communale de la mairie de Kazan, où, d'après les témoignages de la Commission de contrôle régionale, « la question nationale a été dans l'ensemble résolue équitablement ». Sur les murs de cette institution on peut lire les inscriptions suivantes :

« Nous chasserons d'ici toutes ces gueules tatares ! » (sic)
« A bas les Tatares !... »

Tel est dans l'ensemble du Touran soviétique, sans compter les pogroms Kazak-Kirghizes qui ont eu lieu au Kazakstan, le terrain politique sur lequel « les sentiments instinctifs de fraternité » par le sang et par la culture passent facilement à un programme positif de défense sous forme d'aspiration vers la constitution d'un Etat touranien unique.

Il ne saurait donc être question « d'une dictature sur le peuple russe » comme le prétend le communiste imposteur bulgare Kosta Tabolov, auquel M. Kerenski a fait facilement confiance, mais plutôt d'une libération du « joug colonial » établi par les seigneurs actuels de Moscou, les « panrussistes ». Telle est la substance du « touranisme ».

Nous n'exprimerions pas notre pensée, si nous n'insistions pas sur le fait, que les « touranistes » n'ont jamais songé et qu'ils ne songent nullement encore, à une union quelconque avec la Turquie.

M. Tchokaïeff.

Voir également : Mustafa Tchokay : "Entre Arméniens et Musulmans"

Le panturquisme, un épouvantail sans cesse agité par les nationalistes dachnaks

Le panturquisme

La réponse cinglante de Memmed Emin Resulzade à Khondkarian

Memmed Emin Resulzade : "Sous le mot d'ordre de l'Unité du Caucase"

Memmed Emin Resulzade, père fondateur de la République d'Azerbaïdjan

Hamdullah Suphi : "Comment se brisent les idoles"

L'historien bachkir Zeki Velidi Togan