mardi 1 septembre 2015

İsmail Paşa alias György Kmety




Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, tome II, Paris, Hachette et Cie, 1870, p. 943 :

"ISMAÏL-pacha (Georges Kmety), général hongrois ; commandant dans l'armée ottomane, est né vers 1814, dans le comtat de Goemoez, à Pokoragy ; où son père, qu'il perdit de bonne heure, était ministre évangélique. Sous la direction d'un de ses oncles, ministre à Nyiregyhaz, il commença ses études qu'il devait continuer, comme boursier, au lycée évangélique de Presbourg : Privé ; par suite d'une erreur, de l'allocation qui lui était destinée à cet effet, il partit pour Vienne et se fit soldat. Ses capacités le firent bien vite distinguer, et en 1848, lorsqu'éclata l'insurrection de Hongrie, il était officier supérieur. Après avoir pris une part brillante à cette lutte héroïque, il se réfugia en Turquie, au mois d'août 1849, avec Bem et les autres généraux hongrois ; et, peu après, il embrassa l'islamisme, pour mieux se soustraire aux demandes d'extradition présentées par les gouvernements d'Autriche et de Russie. Il entra dans l'armée avec le grade de liva (général de brigade). Attaché, pendant la dernière guerre, au muchir de l'armée d'Asie, Wassif-pacha ; en qualité de chef d'état-major, il partagea, avec le général anglais Williams (voy. ce nom), l'honneur de la défense de Kars. Après la capitulation il revint à Constantinople, où il fut élevé au grade de férik ou général de division, et devint membre du conseil du Tanzimat. Il eut depuis diverses missions difficiles à remplir. En mai 1861, il fut nommé gouverneur de Candie ; en remplacement de Tependeli-Ismaïl-pacha dont l'administration avait été malheureuse. — Il est mort en avril 1865."

Léo Joubert (dir.), Dictionnaire de biographie générale, depuis les temps les plus anciens jusqu'en 1870, Paris, Firmin Didot frères, 1870, p. 404-405 :

"KMETY (Georges), général hongrois, né en 1813, entra jeune dans l'armée autrichienne, et en sortit officier. En 1848, au commencement du soulèvement de la Hongrie, Kmety se trouva chargé de former et d'instruire un bataillon de volontaires ; il devint colonel, et reçut bientôt le commandement d'une division de l'armée du Danube, sous Georgey. Après les événements qui suivirent l'intervention russe, Kmety passa en Turquie, où il demeura jusqu'en 1851. Il vint alors en Angleterre, puis lors de la guerre d'Orient il alla prendre du service en Turquie, où il fut, comme major général, placé à la tête des volontaires de l'armée d'Anatolie. Il eut ensuite le commandement d'une division de l'armée régulière, et prit part a la fameuse défense de Kars. Depuis, Kmety, nommé lieutenant général, s'efforça de rétablir l'ordre en Syrie après les massacres de 1860. Il retourna ensuite en Angleterre, et mourut à Londres, en avril 1865."

J.-E. Horn, Journal des débats politiques et littéraires, 6 janvier 1857 :

"Le général Kmety, l'héroïque défenseur de Kars, vient d'arriver à Paris, où il pense utiliser le congé de quelques mois que le gouvernement turc a bien voulu lui accorder. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, vrai type magyar, dans toute la force de son âge, malgré les rudes épreuves auxquelles la guerre et l'exil l'exposèrent dans ces dernières années. Fils d'un pasteur protestant, Kmety avait pris assez jeune du service dans l'armée autrichienne ; il y avait gagné le grade de capitaine lorsque éclata le mouvement des années 1848 et 1849. Les rares capacités de Kmety le firent bientôt remarquer dans l'armée hongroise ; il s'éleva, par des avancemens rapides gagnés sur les champs de bataille, au rang de général. La révolution hongroise terminée, Kmety fut assez heureux pour se sauver en Turquie. Il se vit interné avec ses nombreux compagnons d'exil à Schuinla d'abord et ensuite à Aleppo, où il protégea efficacement, à la tête de quelques soldats turcs, la demeure du consul français menacée dans une émeute populaire. Lorsque éclata la guerre d'Orient le gouvernement turc s'empressa d'utiliser les offres de service du général habile et aussi brave qu'expérimenté. Ses exploits comme commandant des bachibozouks d'abord, et en second lieu en qualité de commandant de la place de Kars sont encore présens à la mémoire de tous ceux qui ont suivi avec quelque attention les faits de la guerre d'Orient ; ils ont acquis au général Kmety l'estime même de ses adversaires ; la belle et victorieuse sortie surtout qu'il organisa et exécuta avec tant de succès le 29 septembre 1855 contre l'armée de siège russe compte parmi les plus brillans faits d'armes de cette guerre. Lorsque la forteresse ne put plus se maintenir, Kmety, qui ne voulait pas se livrer aux Russes, parvint à traverser avec neuf compagnons d'armes le camp ennemi et à rejoindre l'armée d'Omer-Pacha à Erzeroum. La Porte a reconnu ses services en le décorant de l'Ordre militaire et en lui accordant le rang de général dans l'armée turque."

Voir également : Les patriotes hongrois de 1848 et la Turquie ottomane

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