mardi 2 juin 2015

La stratégie "néo-ottomane" du parti MHP




Thierry Mudry, Guerre de religions dans les Balkans, Paris, Ellipses, 2005, p. 171-172 :

"Profitant de sa participation au gouvernement [en 1975], le MHP, dont l'audience se limitait jusqu'alors aux grandes villes et à la petite bourgeoisie urbaine, s'implanta en zone rurale et acquit au détriment de ses partenaires agrariens et islamistes une clientèle électorale dans les masses paysannes. Cette mutation sociologique s'accompagna d'une mutation idéologique : la thématique panturque racialisante et agressivement laïque jusqu'alors développée par le parti céda en effet la place à un « nationalisme turco-musulman », lui faisant perdre le soutien qui lui était jusqu'alors assuré de la mouvance panturquiste et des gardiens de son intégrité doctrinale.

Le Parti de la prospérité [Refah] et le Parti de l'action nationaliste [MHP] disposaient depuis quelque temps déjà, avec le journal à grand tirage Türkiye paraissant à 400 000 exemplaires, d'un organe de presse commun. Ce quotidien préconisait une intervention directe de la Turquie dans le conflit bosniaque à travers l'envoi d'armes et de volontaires. Mais le gouvernement turc se garda bien d'agir dans le sens demandé ou d'encourager de telles initiatives. La stratégie néo-ottomane, nous l'avons vu, contrariait les options géopolitiques bien arrêtées des principaux partis turcs placés sous l'étroite surveillance de l'armée."

Alparslan Türkeş (leader du MHP), cité dans la revue Türkiye, 8 septembre 1992 :

"Il faut envoyer des volontaires en Bosnie."

Voir également : La répartition géographique des votes pour la gauche kémaliste (CHP, puis SHP et DSP) et la droite nationaliste (CKMP, puis MHP)

Le panturquisme

Elections municipales en Turquie : le MHP poursuit sa politique arménienne traditionnelle

Interview de candidats arméniens du MHP (parti nationaliste turc réputé "dur")