dimanche 12 avril 2015

Gaston Gaillard

Le Figaro (Supplément littéraire), 12 décembre 1920 :
LES TURCS ET L'EUROPE
par Gaston Gaillard. — Librairie Chapelot.

« La dissolution de l'Empire ottoman, loin de nous paraître apporter une solution à la question d'Orient, nous semble bien plutôt devoir être la source de difficultés nouvelles et sans nombre, car elle est une faute en même temps qu'une injustice. »

Ainsi s'exprime, notamment, M. G. Gaillard, aux dernières pages de cette judicieuse et clairvoyante étude dont on ne saurait trop conseiller la lecture à tous ceux que préoccupe l'avenir de la France en Orient.

Après un rapide aperçu historique sur le rôle des Turcs en Europe, M. G. Gaillard expose d'abord dans cet ouvrage les événements qui se sont déroulés depuis l'armistice. A leur occasion, il fait un examen critique des décisions prises par la Conférence au cours de ses longues délibérations et qu'elle a consignées dans le Traité de Sèvres. L'auteur montre que les erreurs de notre politique orientale depuis la fin des hostilités proviennent pour une grande part de la politique adoptée à l'égard de la Russie et des influences panrusses qu'elle a subies. Il déplore que la France se soit laissé entraîner par l'Angleterre à participer à l'occupation de Constantinople et se soit prêtée au dépeçage de l'Empire ottoman, contrairement à sa politique historique. Enfin, il critique les différentes opérations militaires en cours auxquelles le Traité ne semble pas avoir mis fin. Outre les dépenses considérables, qu'elles entraînent, M. G. Gaillard leur reproche de compromettre notre situation en Orient en même temps que dans tous les autres pays musulmans.

Voir également : L'amitié franco-turque