dimanche 15 juin 2014

Hurşid Paşa alias Richard Guyon




G. Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, Paris, L. Hachette, 1858, p. 820 :

"GUYON (Richard-Debaufre), général anglais, plus connu sous le nom de Kourchid-pacha, est né en mars 1813, à Walcot, près Bath, en Angleterre. Fils d'un capitaine de la marine royale, il fit ses premières armes en Portugal contre don Miguel et entra, en 1832, comme cadet dans le régiment des hussards du grand-duc Joseph d'Autriche. Devenu aide de camp du feld-maréchal baron Splenyi, dont il épousa la fille en 1838, il abandonna le service, se retira dans ses terres auprès de Pesth, où il mena pendant quelques années la vie de magnat hongrois. Lors des événements de 1848, M. Guyon, qui appartenait à l'opposition la plus avancée, avec MM. Pulsky et Kossuth, fut un des premiers à prendre parti dans la révolution, et reçut le commandement d'un bataillon de honveds (landwehr hongroise), le seul qui tint ferme contre les troupes impériales dans la déroute de Schwëchat. Promu colonel dans l'armée magyare, il se distingua à plusieurs reprises pendant la période de la guerre qui se termina par la défaite de Windischgraëtz, à l'attaque de Brangisko, à Tareza, où il défit le général Schlik, et dans la défense héroïque de Tyrnau, où, à la tête de 1800 soldats, il résista durant une journée entière aux 10 000 hommes du général Simonich (18 décembre 1848). L'année suivante, il reçut le commandement de la place de Komorn, qu'il défendit vaillamment contre les impériaux jusqu'au moment où la jalousie de Georgey lui donna pour remplaçant le général Klapka. Relégué dans l'armée de réserve, M. Guyon, après avoir soutenu dans le Banat les derniers efforts de l'insurrection magyare, se vit obligé, ainsi qu'un grand nombre de ses camarades, de chercher un refuge en Turquie. L'Autriche ayant réclamé son extradition, il entra au service ottoman en conservant son grade de général, sous le titre de Kourchid-pacha. Il commanda quelque temps à Damas, puis à Alep, contribua, en 1850, à l'apaisement des troubles de la Syrie, et enfin au commencement de la guerre d'Orient, fut nommé chef d'état-major général de l'armée du Caucase (novembre 1853). Il se rendit à Kars, dont il organisa la première défense. — Après la paix, il revint à Constantinople, où il mourut le 12 octobre 1856."

Voir également :  Les patriotes hongrois de 1848 et la Turquie ottomane

L'immigration des réfugiés politiques hongrois et polonais dans l'Empire ottoman

L'épopée des volontaires polonais de l'armée ottomane