dimanche 2 mars 2014

La déportation des Tatars de Crimée par Staline

Jean-Jacques Marie, Les peuples déportés d'Union Soviétique, Bruxelles, Complexe, 1995 :

"Quinze jours après l'achèvement du transfert des Balkars, au début d'avril 1944, l'Armée Rouge entre en Crimée, libère le 13 Simferopol et Evpatoria, deux des plus grandes villes de la péninsule ; le même jour Béria et son adjoint Merkoulov publient un ordre « sur les mesures pour la liquidation des éléments antisoviétiques de la république de Crimée ». Pour passer la péninsule au peigne fin ils divisent la Crimée en sept « secteurs opérationnels », auxquels ils affectent des détachements armés relevant de ces deux commissariats du peuple, en particulier un détachement de 20 000 hommes des troupes intérieures du NKVD. Le dispositif mis en place et les effectifs requis soulignent qu'à ce moment Béria et Merkoulov prévoient uniquement une opération de nettoyage militaro-policier et rien de plus.

La Crimée posait un problème plus délicat et plus aigu que les différents territoires du Nord-Caucase à cause d'un mélange de peuples dont les Tatars formaient sans doute le nœud le plus complexe, et parce qu'elle se trouvait au cœur d'une provocation montée par Staline contre les Juifs d'URSS.

L'occupation de la Russie par les Tatars au cours des XIIIe et XIVe siècle a laissé une nombreuse population tatare très diversifiée répartie aux quatre coins de l'Empire russe, puis de l'URSS. Le recensement de 1937 dénombrait 3 793 413 Tatars installés majoritairement en Crimée, dans la région de la moyenne Volga (Kazan), en Bachkirie, et en Ourdmoutie. Unis par leur appartenance à l'Islam et leur langue de base (le turc), les Tatars sont néanmoins très différenciés par leur lieu de résidence historique et ne constituent pas une ethnie unique. Les principaux groupes Tatars sont historiquement  :

1. Les Tatars de Kazan (sur la moyenne Volga) de langue turque, qui créèrent après la dislocation de la Horde d'Or un royaume autonome, dit khanat de Kazan. Ivan le Terrible soumit ce khanat au milieu du XVIe siècle. À la fin du XIXe siècle les Tatars de la Volga sont plus de 600 000, concentrés dans les gouvernements de Kazan (plus de 100 000), de Samara (autour de 90 000), de Viatka (90 000), d'Oufa (90 000), de Saratov (60 000), de Penza (55 000), etc. Les Tatars du Kazan formeront en 1920 la république autonome de Tatarie, puis proclameront en 1992 la république indépendante du Tatarstan au sein de la Fédération de Russie.

2. Les Tatars de Crimée : plusieurs tribus tatares s'installèrent en Crimée au début du XIIIe siècle au moment de l'expansion triomphale de la Horde d'Or, se convertirent vite à l'Islam et constituèrent un khanat indépendant aux vastes activités commerciales ; cette principauté domina longtemps le Sud de la Russie et une partie de l'Ukraine, tomba sous la coupe de l'Empire ottoman à la fin du XVIe siècle, puis fut conquise par l'armée russe sous Catherine II et intégrée à l'Empire russe à la fin du XVIIIe siècle.

Au lendemain de la guerre de Crimée (1854-1855) perdue par la Russie, le régime tenta de se venger de sa défaite sur les Tatars déjà souvent malmenés par les cosaques au cours des opérations. Le numéro du 22 décembre 1961 [1861] de la la revue Kolokol, publiée par Herzen à Londres, consacre 6 de ses 10 pages à faire un bilan de la « persécution des Tatars de Crimée » organisée par Mouraviev, le futur pendeur de Varsovie lors de l'insurrection de 1863. Au cours de la guerre plusieurs milliers de Tatars accusés par les cosaques de trahison ont été expulsés dans les provinces d'Orlov, de Koursk, de Poltava, d'Ekaterinoslav, de Kherson. De nombreux Tatars, inquiétés par ces mesures, ont quitté la Crimée à la fin de la guerre et se sont installés en Turquie où ils sont réduits à la mendicité. Mouraviev et son état-major font circuler le bruit que les Tatars qui n'émigreront pas en Turquie seront déplacés vers l'intérieur dans le gouvernement d'Orenbourg. Le Conseil des ministres évoque un moment le projet de chasser les Tatars pour les remplacer par des paysans russes et des allemands. En cinq ans, la politique du tsar Alexandre II, le tsar « libéral », et de ses conseillers aboutit à chasser près de 100 000 Tatars (soit la moitié d'entre eux) de Crimée. Les paysans russes ayant rechigné à venir, l'idée d'une colonisation germanique massive ayant dû être abandonnée, la persécution systématique des Tatars pour les pousser en Turquie et les empêcher d'en revenir ruine la moitié de la Crimée. En septembre 1860 un rapport dresse un tableau désolé et désolant de la situation : « La partie de la péninsule occupée par la steppe a désormais l'aspect d'un désert : villages vidés de leurs habitants, champs non labourés, et il n'est pas douteux qu'au printemps la partie montagneuse où le mouvement des Tatars est moins important qu'en plaine présentera le même aspect désertique. Les pertes subies par l'Etat et les propriétaires privés sont énormes. Les chiffres rappellent ceux des pertes subies lors de la dernière guerre ».

Staline et l'inculte Béria connaissaient-ils ce précédent ? En tout cas ils feront, quatre-vingt-dix ans plus tard, beaucoup mieux que le tsarisme." (p. 93-95)


"Le sort des Tatars se noue dans les derniers jours d'avril [1944]. Le 22, Koboulov et Serov adressent une note à Béria sur la Crimée qui ne laisse pas encore prévoir la décision de déporter les Tatars. Rappelant que la péninsule comptait, au 1er avril 1940, 1 126 800 habitants dont 128 000 Tatars, ils précisent : « Du 17 au 20 avril 1940 180 000 hommes ont été évacués de Crimée, l'Armée Rouge a mobilisé 90 000 hommes, dont 20 000 Tatars. 62 000 Allemands en ont été déportés. 67 000 juifs, karaïmes et Krymtchaks ont été fusillés ». Serov et Koboulov ajoutent : « 20 000 Tatars de Crimée ont déserté de la 51e armée lorsqu'elle a fait retraite hors de Crimée ». Mais ils n'en tirent encore aucune conclusion. Le 25 avril Béria envoie au Comité d'Etat de la Défense une note qui se contente en gros de recopier la note ci-dessus de ses deux adjoints. Il n'est manifestement pas plus qu'eux au courant d'une décision de déporter les Tatars. Staline la prend ou la suggère dans les jours qui suivent la réception de cette note. Le 7 mai en effet Serov et Koboulov annoncent à Béria que « le travail préparatoire à l'opération peut être achevé les 18-20 mai et toute l'opération pour le 25 mai ». Ils demandent le matériel nécessaire pour la mener à bien : 2 000 camions et 1 500 tonnes d'essence, disponibles pour le 15 mai. Par un amalgame bizarre ils demandent « l'autorisation de déporter 330 Allemands, Autrichiens, Hongrois, Roumains et Italiens vivant en Crimée et aussi un bon millier de prostituées installées dans les stations balnéaires et les villes de la côte de la Mer noire ».

Pendant qu'il met en œuvre les dispositions demandées par Serov et Koboulov, Béria adresse le 10 mai 1944 une note au « Comité d'Etat à la Défense, au camarade Staline » qui donne le fondement politique des mesures prises : « En 1941 plus de 20 000 Tatars ont déserté de l'Armée Rouge et trahi la Patrie en se mettant au service des Allemands et en combattant, l'arme à la main, l'Armée Rouge. Compte tenu des actes de trahison des Tatars de Crimée contre le peuple soviétique et constatant qu'il n'est pas désirable que les Tatars de Crimée continuent à vivre dans une région frontalière de l'Union Soviétique, le NKVD de l'URSS soumet à votre examen un projet de décision du Comité d'Etat à la Défense sur l'expulsion de tous les Tatars hors du territoire de la Crimée ».

La Crimée n'a de frontière commune qu'avec l'Ukraine soviétique au nord et la mer l'entoure au sud, à l'est et à l'ouest ! Apparemment Béria ne l'avait pas remarqué, l'avait oublié ou s'en moquait et se contentait de recopier la formule traditionnelle sans se soucier de vérifier si elle correspondait à la réalité. Rien enfin n'étaye ni ne confirme le chiffre de 20 000 Tatars déserteurs, et Béria ne tente même pas d'en donner la moindre preuve. Ce chiffre correspond seulement au nombre de Tatars enrôlés dans l'Armée Rouge au début de la guerre et vise donc à justifier implicitement la thèse du peuple traître en suggérant leur désertion massive.

Béria propose ensuite de transférer les Tatars comme « peuplement spécial » en Ouzbékistan et de les y faire travailler dans les kolkhozes, les sovkhozes, les usines et les transports. Affirmant que la Crimée compte alors de 140 à 160 000 Tatars, il promet de commencer l'opération les 20-21 mai et de l'achever le 1er juillet.

Un arrêté du Comité d'Etat à la Défense daté de mai, signé Staline, décide aussitôt d'expulser tous les Tatars de Crimée et de les installer « en qualité de peuplement spécial » en Ouzbékistan. Les déportés ont le droit d'emporter « des effets personnels, des vêtements, des ustensiles, de la vaisselle et des aliments à concurrence de 500 kilos par famille ». Tout le reste leur est confisqué : le bétail, la production céréalière, les chevaux et autres bêtes de trait et les bêtes étalons attribués aux divers commissariats du peuple compétents.

La grande majorité des Tatars étaient des paysans disséminés dans des centaines de bourgs et de villages, surtout des vieillards, des femmes et des enfants. Leur résistance est improbable, l'opération sans risque, mais la rafle de leur bétail et de leur matériel juteuse pour les NKVédistes. Aucun état n'est établi des biens abandonnés. La Sécurité peut donc prélever sa part sur le pillage organisé par l'Etat.

L'opération commence le 18 mai en pleine nuit. Près de cinquante ans après, un soldat du NKVD, Vesnine, évoquera avec une certaine amertume cette opération : « Dans la nuit du 18 mai on nous mit en formation fusil sur l'épaule et pendant quelques heures nous avançâmes dans une steppe interminable. A 3 h 30 nous arrivâmes dans l'aoul d'Oïssoul, et c'est alors seulement que l'on nous donna connaissance de notre tâche : expulser les Tatars. Les servants de mitrailleuses furent disposés en ligne et les autres furent constitués en groupes de trois sous le commandement de sergents, de capitaines ou d'officiers du NKVD. A 4 heures du matin l'opération commença. Nous entrions dans les maisons et nous lancions aux habitants l'injonction suivante :

- Au nom du pouvoir soviétique, vous êtes expulsés dans d'autres régions de l'Union Soviétique pour trahison de la patrie ! On leur donnait deux heures pour se préparer et on autorisait chaque famille à emporter 200 kilos de bagages. »

Ainsi le commandement local du NKVD avait ramené à 200 les 500 kilos autorisés par le décret signé de la main de Staline, pour ne pas encombrer les camions puis les wagons à bestiaux trop étroits pour y entasser tous les déportés et les bagages promis par le chef des peuples et pour se réserver un juteux butin. Le plus souvent les officiers réduisaient encore le délai et hurlaient aux victimes : « Vous avez vingt minutes pour ramasser tout ce que vous avez, tout ce que vous pouvez emporter ». Moyen plus sûr encore de réduire le chargement.

Moyen plus sûr encore de réduire le chargement. Certains font mieux encore. Tenzilé Ibraïmova, qui raconte son odyssée dans une lettre reproduite plus tard dans l'adresse des Tatars de Crimée au 23e congrès du PCUS en 1966, n'a eu, elle, que cinq minutes : « On nous a chassés du village d'Adjiatmak dans le district de Freidorf le 18 mai 1944. L'expulsion a été conduite de façon très cruelle. Les soldats sont entrés à trois heures du matin alors que les enfants dormaient, et nous donnèrent cinq minutes pour nous préparer et sortir de la maison. On ne nous permit pas d'emporter avec nous des affaires et des provisions. Ils se conduisaient avec nous si grossièrement que nous étions persuadés qu'ils allaient nous fusiller. On nous chassa du village en nous laissant sans manger des  jours entiers. Nous étions réduits à la famine mais on ne nous permit de rien prendre dans la maison. Les enfants affamés ne cessaient de pleurer. Mon mari se battait sur le front. J'étais seule avec mes trois enfants.

On nous chargea enfin dans des camions et l'on nous emmena à Evpatoria. Là on nous chargea dans des wagons de marchandise, entassés comme du bétail ».

Vesnine se rappelle deux épisodes restés à jamais gravés dans sa mémoire : « Une vieille femme, affolée par la surprise et le chagrin se précipita vers la steppe pour fuir ; une rafale de mitrailleuse la faucha ; un cul de jatte revenu chez lui de l'hôpital pour quelques jours arguait de ses droits ; on le traîna par les cheveux et on le jeta dans le caisson du camion comme un sac de farine ».

En quelques heures les habitants et leurs sacs sont chargés dans les camions et dirigés vers les gares où les attendent de longs convois à bestiaux. « L'opération avait été brillamment préparée ; on avait amené dans l'aoul tant de « Fords » et de « Studebaker » que l'on put transporter toute la population de l'aoul en une seule fois à la gare de chemin de fer la plus proche de Sem Kolodezei (...) A minuit tous les convois chargés de Tatars expulsés quittaient les frontières de la Crimée. Les biens et le bétail des expulsés étaient abandonnés au caprice du destin » et aux mains avides des NKVédistes.

Koboulov et Serov annoncent ce même jour à Béria que tout se passe bien : « A 20 heures nous avions effectué le transfert de 90000 personnes vers les gares, 17 convois ont déjà emmené 48 400 personnes vers leurs lieux de destination ; 25 convois sont en cours de chargement ». Et selon une formule rituelle, les deux policiers se félicitent du comportement des victimes : « Le déroulement de l'opération n'a donné lieu à aucun excès. L'opération continue ». Le lendemain Béria informe Staline et Molotov qu'à la fin de la journée du 19, 165 515 personnes ont été rassemblées dans les gares et que 136 412 ont été chargées dans les convois qui les emmènent à leur destination.

Le 20 mai Serov et Koboulov annoncent que le jour même à 16 heures l'opération a pris fin, avec un plein succès. 63 convois emmenant 173 287 personnes sont déjà partis, les quatre derniers qui convoient les 6 727 restants (puisque le total est de 180 014) partiront le soir même. En même temps l'Armée Rouge a mobilisé 6 000 Tatars en âge de faire leur service militaire et les a envoyés dans des casernes de Russie d'Europe, à Gouriev, Rybinsk et Kouibychev. Serov et Koboulov ont aussi mis 8 000 Tatars à la disposition du trust « Moskovougol » chargé d'exploiter les mines de charbon de la région de Moscou. Bref 8 000 mineurs forcés. Au total précise le rapport « 191 055 personnes de nationalité tatare ont été évacuées hors de la République de Crimée » alors que les deux adjoints de Beria n'en comptabilisaient que 128 000 un mois plus tôt !

Les rapports officiels sur ce transfert massif effectué en deux jours suggèrent qu'il s'est agi d'une simple formalité : on les a embarqués, ils sont arrivés. Point final. Cette vision administrative et bureaucratique des choses dissimule l'effroyable réalité du « voyage ». Tenzilé Ibraïmova se rappelle :

« Le voyage jusqu'à la gare de Zeraboulak dans la région de Samarkande dura 24 jours ; de là on nous emmena au Kolkhoze Pravda dans le district de Khatyrtchinski. On nous força à réparer des carrioles appartenant à des particuliers. Nous travaillions et nous avions faim. Beaucoup d'entre nous vacillaient de faim sur leurs jambes. De notre village on avait expulsé 30 familles. Il resta un ou deux survivants dans cinq familles. Tous les autres moururent de faim et de maladie ». Une de ses voisines, dont le mari était lui aussi au front perdit ses trois enfants, emportés par la famine.

Un autre survivant racontera en 1979 : « Dans les wagons hermétiquement clos les gens mouraient comme des mouches à cause de la faim et du manque d'air : on ne nous donnait ni à boire ni à manger. Dans les villages que nous traversions, la population avait été dressée contre nous ; on lui avait dit qu'on transportait des traîtres à la patrie et les pierres pleuvaient dans un bruit retentissent contre les portes de nos wagons. Lorsqu'on ouvrit les portes, dans les steppes kazakhes, on nous donna à manger des rations militaires, sans nous donner à boire, on nous ordonna de jeter nos morts sur le bord de la voie, sans les enterrer, puis nous repartîmes... ».

Le mouvement national des Tatars établira dans ses documents adressés entre autre au 23e congrès du PCUS une statistique un peu différente des chiffres officiels : selon eux 238 500 Tatars furent déportés, dont 39 400 enfants de moins de 16 ans, et 109 956 (soit 46,2 %) d'entre eux trouvèrent la mort. Si le nombre des déportés n'est pas foncièrement différent de celui des statistiques officielles (47 000 de plus), celui des morts est beaucoup plus élevé.

Un document du KGB d'Ouzbékistan en date du 8 février 1968, longuement analysé en son temps par le général dissident Grigorenko, donne une image assez précise ; selon cette note, au 1er juillet 1944, 35 750 familles Tatares représentant 151 424 personnes étaient arrivées en Ouzbékistan. Six mois plus tard, au 1er janvier 1945 il y avait 818 familles de plus (36 568) qui représentaient pourtant 16 000 et quelques personnes de moins ! Le nombre des morts dépassait donc les 20 000. Au 1er janvier 1946 la note recense 13 183 morts. Or plus de 40 % des déportés étaient des enfants de moins de 16 ans ; la mort naturelle ne peut donc représenter qu'une part réduite de ces disparitions. Si l'on y ajoute les morts de faim et de soif, les déportés étouffés par manque d'air au cours du voyage, morts que ni le NKVD ni les autorités des régions d'accueil n'ont recensés, la sinistre statistique établie par les Tatars ne doit guère exagérer la réalité.

Pour extirper les traces de la présence tatare en Crimée le Praesidium du Soviet Suprême adopte le 21 août 1945 un décret non publié débaptisant plusieurs dizaines d'agglomérations au nom tatar. Nekritch en a recensé 30 dans les districts d'Azov, d'Alouchtine et de Ialta et 19 dans celui de Kouybichev, soit une cinquantaine au total.

Un an plus tard, le 25 juin 1946, le Praesidium du Soviet Suprême promulguait un décret officialisant le sort des Tatars de Crimée et des Tchétchènes-Ingouches traités sur le même pied :

« Au cours de la Grande Guerre patriotique, alors que les peuples de l'URSS défendaient héroïquement l'honneur et l'indépendance de leur patrie en combattant contre les envahisseurs fascistes allemands, de nombreux Tchétchènes et de nombreux Tatars de Crimée, à l'instigation d'agents allemands, se joignirent à des unités de volontaires organisées par les Allemands et, aux côtés des troupes allemandes, combattirent, les armes à la main contre les unités de l'Armée Rouge. Conformément aussi aux plans allemands, ils organisèrent des bandes de saboteurs pour combattre à l'arrière le pouvoir soviétique. Pendant ce temps, la grande majorité de la population de la république des Tchétchènes-Ingouches et de la Crimée ne fit rien pour contrecarrer les actions de ces traîtres à la patrie.

C'est pourquoi les Tchétchènes et les Tatars de Crimée ont été transférés dans d'autres régions de l'URSS où ils ont reçu des terres ainsi que l'aide gouvernementale nécessaire à leur installation économique »." (p. 98-105)


Voir également : Sud-Caucase soviétique : les déportations de divers musulmans dans les années 30 et 40

Les "opérations nationales" de "nettoyage" des frontières soviétiques (1935-1937)

Histoire des Arméniens : les déportations arméno-staliniennes d'Azéris


La minorité turque dans la Bulgarie communiste