mercredi 19 février 2014

Le gouvernement Balladur et la Turquie




"Défense : En visite à Ankara M. Léotard veut vendre 20 hélicoptères Cougar à la Turquie", Le Monde, 1er octobre 1993 :

"Le ministre de la défense, François Léotard, se rend, jeudi 30 septembre et vendredi 1er octobre, en Turquie pour tenter de relancer une coopération en matière d'armement qui marque le pas. A cette occasion, M. Léotard sera reçu par le chef de l'Etat, le ministre de la défense et le chef d'état-major des armées turques. Il s'agit notamment de débloquer les entretiens sur un marché d'hélicoptères (la vente d'une vingtaine de Cougar, la version modernisée et allongée du Super-Puma) pour quelque 1 milliard de francs. Inquiets de ce qui se passe à leurs frontières, depuis l'éclatement de l'ex-URSS et de l'ex-Yougoslavie, les Turcs ont lancé un vaste plan décennal d'équipement militaire qui dépasse l'équivalent de 50 milliards de francs. (...) Le Cougar a les faveurs de l'armée turque, qui l'a placé en tête de ses préférences. Par rapport au Black Hawk, le Cougar transporte dix hommes de plus. Ses performances sont jugées meilleures par temps chaud et en altitude par l'armée turque."

"Au conseil des ministres : Dissolution de deux associations kurdes", Le Monde, 1er décembre 1993 :

"Le conseil des ministres s'est tenu, sous la présidence de François Mitterrand, mardi 30 novembre, en raison du sommet franco-allemand de Bonn.

Il a prononcé, sur proposition de Charles Pasqua, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire, la dissolution de deux associations : le "Comité du Kurdistan" et la "Fédération des associations culturelles des travailleurs patriotes du Kurdistan en France Yekkom Kurdistan".

Selon Nicolas Sarkozy, ministre du budget et porte-parole du gouvernement, qui rendait compte des travaux du conseil, ces organisations, "impliquées dans un certain nombre d'actes délictueux", sont "des émanations du PKK", le parti autonomiste kurde, en révolte ouverte contre les autorités turques."

Alain Juppé, allocution à son arrivée à l'aéroport d'Ankara, 16 mars 1994 :

"Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous dire combien je suis heureux de me retrouver en Turquie, je dis bien me retrouver, car, comme l'a rappelé mon ami M. Çetin, je connais bien votre pays, j'ai eu l'occasion d'y venir à de nombreuses reprises comme voyageur. Aujourd'hui, c'est en tant que Ministre, à l'invitation de mon collègue, M. Çetin.

Cette visite est pour moi l'occasion de dire qu'aux yeux de la France, la Turquie est une puissance européenne qui doit s'affirmer chaque jour davantage comme telle. D'abord, sur le plan économique, grâce à I'Union douanière qui se réalisera, je l'espère, en 1995, avec I'Europe des Douze, mais aussi dans le domaine de la sécurité où la Turquie doit garder, au sein de l'Union de l'Europe occidentale, un statut privilégié, et d'une façon plus générale, pour tout ce qui concerne le dialogue politique et la Turquie participera, bien entendu, à la Conférence de Paris sur la stabilité qui se réunira le 26 et le 27 mai prochain."

"La Bosnie et l'Irak au menu des conversations d'Alain Juppé en Turquie", Le Monde, 18 mars 1994 : 
 
"Le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, est arrivé mercredi 16 mars, en Turquie pour des entretiens consacrés notamment, à la Bosnie et à la protection des Kurdes dans le nord de l'Irak. Il a été reçu par son homologue turc, Hikmet Cetin. Il devait rencontrer jeudi le premier ministre, Tansu Ciller et le chef de l'Etat, Souleiman Demirel. Il s'agit de la première visite d'un chef de la diplomatie française en Turquie depuis 1987. (Reuter)"

Claire Tréan, "De Gaulle, Mitterrand, Juppé et Chirac ont plaidé pour l'intégration de la Turquie", Le Monde, 7 octobre 2004 :

"M. Juppé lorsqu'il était ministre des affaires étrangères du gouvernement Balladur, fut l'artisan du traité d'union douanière signé début 1995 entre l'Europe et la Turquie, qu'il imposa contre la Grèce, contre une partie des députés européens et des socialistes français. La cause était difficile. La Turquie n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. Elle mobilisait contre elle les militants des droits de l'homme ; son nationalisme se heurtait encore au nationalisme d'Athènes.

Mais M. Juppé croyait en la dynamique qui pouvait naître en Turquie d'un rapprochement avec l'Europe, il faisait valoir l'intérêt stratégique majeur qu'il aurait pour la communauté européenne."

Voir également : La normalisation des relations franco-turques (1986)

La France gaulliste, la Turquie et la Méditerranée

Charles de Gaulle
 
Charles de Gaulle était partisan de la position turque sur Chypre : la partition (taksim)

La France giscardienne et la Turquie

L'amitié franco-turque

Le discours éblouissant du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en Turquie, dans la grande tradition de la turcophilie gaulliste

Le gaulliste Edouard Balladur est d'origine persane et catholique-ottomane, et non pas arménienne (n'en déplaise aux communautaristes arméniens démentiels et mythomaniaques)