dimanche 26 août 2012

Napoléon Bonaparte




"Déclaration du général Bonaparte au peuple égyptien", 1798 :

"De tout temps, les Français sont les vrais amis du sultan ottoman (que Dieu éternise son empire !) et les ennemis de ses ennemis.

Les mamelouks au contraire ne sont point soumis au Sultan et se sont révoltés contre son autorité. Ils ne suivent que leurs caprices. (...)

Art. 3.

Tout village qui se soumettra à l'armée française devra également arborer le drapeau du sultan ottoman notre ami (que Dieu éternise sa vie)."

Réponse à un discours de l'ambassadeur ottoman, Paris, 5 juin 1806 :

"Monsieur l'ambassadeur, votre mission m'est agréable. Les assurances que vous me donnez des sentiments du sultan Sélim, votre maître, vont à mon coeur. Un des plus grands, des plus précieux avantages que je veux retirer des succès qu'ont obtenus mes armes, c'est de soutenir et d'aider le plus utile comme le plus ancien de mes alliés. Je me plais à vous en donner publiquement et solennellement l'assurance. Tout ce qui arrivera d'heureux ou de malheureux aux Ottomans, sera heureux ou malheureux pour la France. Monsieur l'ambassadeur, transmettez ces paroles au sultan Sélim ; qu'il s'en souvienne toutes les fois que mes ennemis, qui sont aussi les siens, voudront arriver jusqu'à lui. Il ne peut jamais rien avoir à craindre de moi ; uni avec moi, il n'aura jamais à redouter la puissance d'aucun de ses ennemis."

Lettre à Selim III, Osterode, 3 avril 1807 :

"Mon ambassadeur m'apprend la bonne conduite et la bravoure des Musulmans contre nos ennemis communs. Tu t'es montré le digne descendant des Sélim et des Soliman. Tu m'as demandé quelques officiers, je te les envoie. J'ai regretté que tu ne m'eusses pas demandé quelques milliers d'hommes : tu ne m'en as demandé que cinq cents, j'ai ordonné aussitôt qu'ils partissent. J'entends qu'ils soient soldés et habillés à mes frais, et que tu sois remboursé des dépenses qu'ils pourront t'occasionner. Je donne ordre au commandant de mes troupes en Dalmatie de t'envoyer les armes, les munitions, et tout ce tu me demanderas. Je donne les mêmes ordres à Naples, et déjà des canons ont été mis à la disposition du pacha de Janina. Généraux, officiers, armes de toute espèce, argent même, je mets tout à ta disposition. Tu n'as qu'à demander, demande d'une manière claire et tout ce que tu demanderas je te l'enverrai sur l'heure. Arrange-toi avec le schah de Perse, qui est aussi l'ennemi des Russes ; engage-le à tenir ferme et à attaquer vivement l'ennemi commun. J'ai battu les Russes dans une grande bataille ; je leur ai pris soixante-quinze canons, seize drapeaux, et un grand nombre de prisonniers. Je suis à quatre-vingts lieues en avant de Varsovie, et je vais profiter de quinze jours de repos que je donne à mon armée, pour me rendre à Varsovie et y recevoir ton ambassadeur. Je sens le besoin que tu as de canonniers et de troupes. J'en avais offert à ton ambassadeur ; il n'en a pas voulu, dans la crainte d'alarmer la délicatesse des Musulmans. Confie-moi tous tes besoins ; je suis assez puissant et assez intéressé à tes succès, tant par amitié que par politique, pour n'avoir rien à te refuser. Ici on m'a proposé la paix. On m'accordait tous les avantages que je pouvais désirer ; mais on voulait que je ratifiasse l'état de choses établi entre la Porte et la Russie par le traité de Sistowe, et je m'y suis refusé. J'ai répondu qu'il fallait qu'une indépendance absolue fût assurée à la Porte, et que tous les traités qui lui ont été arrachés pendant que la France sommeillait fussent révoqués."

Propos cités par Armand Lévy dans L'Empereur Napoléon III et les Principautés roumaines, Paris, E. Dentu, 1858, p. 10 :

"Alexandre voulait Constantinople, je ne devais pas l'accorder : c'est une clé trop précieuse ; elle vaut à elle seule un empire ; celui qui la possédera peut gouverner le monde. — C'est surtout à cause des Grecs, ses coreligionnaires, que je n'ai pas voulu lui donner Constantinople ; il eût acquis une population dévouée, et la Russie eût pu un jour inonder l'Europe avec ses cosaques. — Constantinople m'a toujours apparu comme un intérêt français, parce que c'est le marais qui empêche de tourner la droite française."

Voir également : La France des Bonaparte et la Turquie