mardi 5 juin 2012

La politique sociale dans l'Empire ottoman

André Clot, Soliman le Magnifique, Paris, Fayard, 1983, p. 282-283 :

"Ne nous faisons cependant pas de la Turquie du XVIe siècle le tableau idyllique d'une société qui fonctionnait comme un mécanisme bien huilé, dans laquelle chacun recevait le juste prix de son travail et voyait ses besoins aisément satisfaits. Là, comme ailleurs, le sort favorise davantage les uns que les autres. La grande richesse côtoie l'extrême pauvreté et ce n'est pas parce que le sultan fait surveiller l'approvisionnement et le prix de vente des denrées que le panier de la ménagère se remplit de produits savoureux et abondants.

La Turquie de Soliman le Magnifique n'a pas connu beaucoup plus de justice sociale que la France de François Ier ou l'Angleterre de Henry VIII. Il demeure que dans l'Empire les pouvoirs publics se préoccupaient plus qu'en Europe chrétienne du sort de la population et de ses besoins."

Gilles Veinstein, "L'empire dans sa grandeur (XVIe siècle)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 170 :

"(...) le souverain doit gouverner avec générosité, faisant bénéficier ses sujets, agents et alliés de sa bienveillance et de ses prodigalités. Celles-ci se manifestent dans d'importantes fondations pieuses (vakf) et dans des aumônes, largement distribuées aux pauvres, qui répondent à des préoccupations religieuses mais aussi à ce principe général de libéralité."

Robert Mantran, Istanbul au siècle de Soliman le Magnifique, Paris, Hachette Littératures, 2008, p. 165-166 :

"S'il existe des mendiants, ce n'est pas sous un aspect « occidental » qu'ils apparaissent ; ce sont plutôt de pauvres gens, qui sont pris en charge pour leur subsistance, par les fondations pieuses et, plus précisément, dans ces imarets ou cuisines populaires, où l'on distribue gratuitement leur nourriture aux indigents (...)." 

Meropi Anastassiadou, "Mourir seul à l'hôpital : démunis et étrangers dans la Salonique du XIXe siècle", in Jean-Paul Pascual (dir.), Pauvreté et richesse dans le monde musulman méditerranéen, Paris, Maisonneuve et Larose, 2003, p. 305 :

"De fait, il y avait dans la société ottomane d'avant les Tanzimat de nombreux mécanismes visant à porter secours aux nécessiteux et démunis. Tel était notamment l'objet de certaines fondations pieuses (vakf), qu'elles fussent instituées par quelque haut dignitaire ou par le sultan lui-même. Il faut de même mentionner l'existence de diverses structures, pas toujours très efficaces, qui fonctionnaient au profit des serviteurs de l'Etat se trouvant dans le besoin, telle l'allocation aux scribes de pensions après leur départ à la retraite."

Voir également : Quelques aspects polémiques de l'Empire ottoman