dimanche 18 mars 2012

La justice dans l'Empire ottoman

Gilles Veinstein, "L'empire dans sa grandeur (XVIe siècle)", in Robert Mantran (dir.), Histoire de l'Empire ottoman, Paris, Fayard, 1989, p. 208-209 :

"Les kadis ottomans se distinguent de ceux des autres régimes musulmans par le caractère fortement structuré de l'institution, mais, semble-t-il, aussi par la place essentielle qu'ils occupent dans le fonctionnement de l'Etat. Dans le cadre de leurs circonscriptions, les kazâ ou kâdïlïk qui subdivisent les sandjak, ils disposent de l'exercice exclusif de la justice, ayant à connaître de toutes les affaires publiques ou privées, et de l'application du kânûn aussi bien que de la cherî'a. Il est vrai que la justice du kadi concernait principalement les musulmans, l'Etat reconnaissant une certaine autonomie judiciaire en matière civile et pénale aux communautés non musulmanes. Mais il restait loisible à tout zimmî de recourir au kadi, et ce recours devenait même très probable quand s'opposaient deux infidèles appartenant à des communautés différentes ; en outre, il était impératif dans tout procès intercommunautaire où un musulman se trouvait impliqué."

Robert Mantran, Istanbul au siècle de Soliman le Magnifique, Paris, Hachette Littératures, 2008, p. 102 :

"Les voyageurs européens ont été surpris de la rapidité, mais aussi de l'impartialité des juges turcs devant qui musulmans, chrétiens ou juifs, sans distinction de religion, peuvent exposer leurs plaintes « sans qu'il soit besoin de l'éloquence d'un advocat pour deffendre la vérité »."

Voir également : Le régime politique ottoman : culture de consultation et respect viscéral des libertés de chacun

Quelques aspects polémiques de l'Empire ottoman