jeudi 1 décembre 2011

L'intégration de populations turques dans l'Empire byzantin

Bernard Flusin, La civilisation byzantine, Paris, PUF, 2009 :

"La reconquête de la Crète par Nicéphore Phôkas (961) met un terme à la piraterie arabe dans la mer Egée. De nouveaux courants commerciaux apparaissent sur la mer Noire et, avec l'éveil des villes italiennes, en Méditerranée. Des étrangers s'installent dans la capitale [Constantinople] : Arabes, Italiens, Arméniens, Syriens, Russes ont leurs quartiers et les Géorgiens, puis les Turcs, sont nombreux. La société se transforme. Le développement d'une bourgeoisie urbaine se reflète dans les mesures prises en sa faveur par les empereurs du XIe siècle tandis que l'aristocratie joue aussi, surtout sous les Comnènes, un rôle sensible dans la transformation de la Ville." (p. 59)

Jean-Claude Cheynet, Histoire de Byzance, Paris, PUF, 2009 :


"Dans les Balkans, les Byzantins affrontèrent d'autres tribus nomades de race turque, restées païennes, les Ouzes, les Petchénègues et les Coumans, qu'ils finirent, après de lourdes pertes, par vaincre et assimiler à la fin du XIe siècle." (p. 86)

"En raison de l'échec des armées byzantines au XIe siècle, des historiens ont souvent critiqué cet abandon de l'armée « nationale », parce que beaucoup d'étrangers furent recrutés, mais de nombreux Grecs formèrent aussi des tagmata, ceux des Thessaliens, des Macédoniens, par exemple. Il faut ajouter que la notion d' « étranger », dans un Empire multi-ethnique, est relative. En réalité, les mercenaires, à condition d'être régulièrement payés, combattaient avec autant de courage que les stratiotes. De plus, les empereurs étaient à même de choisir les meilleurs spécialistes, soit, au XIe siècle, les cavaliers lourds normands, les archers montés petchénègues ou arabes, les archers à pied arméniens... Les régiments étrangers étaient souvent commandés par un officier de même ethnie, mais ils restaient sous l'autorité d'un état-major byzantin. Ces troupes se distinguaient bien des auxiliaires, enrôlés seulement le temps d'une campagne et gardant leur commandement propre. Les armées thématiques disparurent définitivement au cours du XIe siècle, car la nouvelle organisation correspondait à une meilleure efficacité." (p. 69)