mardi 23 août 2011

Le XVIe siècle, l'"âge d'or" de la civilisation ottomane

Robert Mantran, Istanbul au siècle de Soliman le Magnifique, Paris, Hachette Littératures, 2008, p. 18-19 :

"Alors que la production artistique, comme la création intellectuelle d'ailleurs, est à peu près nulle dans les pays arabes ou iraniens, Istanbul devient le plus grand centre « culturel » de l'islam : artistes, écrivains, poètes (certains sultans s'adonnent volontiers à la poésie), historiens, miniaturistes, calligraphes, encouragés et soutenus par les souverains et les grands personnages de la cour, répandent à travers l'islam et même au-delà le renom de la capitale. Cela est particulièrement valable pour le XVIe siècle, que l'on a pu qualifier d' « âge d'or de l'Empire ottoman » ou encore de « siècle de Soliman ». A ce moment, l'empire est au faîte de sa puissance, au maximum de son expansion ; le sultan est riche et peut recruter où il veut artistes et écrivains. Istanbul vit dans le luxe, et il n'est pas de vizir ni de haut fonctionnaire ou personnage de quelque importance qui ne veuille laisser un témoignage de son opulence et de sa générosité : le plus souvent, c'est à des constructions pieuses ou utilitaires que les mécènes consacrent leur fortune, pour la plus grande gloire de l'islam et la satisfaction des croyants. Et comme alors les architectes, les décorateurs à qui l'on confie le soin d'édifier ou d'orner mosquées, médressés et autres édifices, sont des gens de goût, le résultat est qu'Istanbul se couvre de monuments remarquables, témoins incontestables d'une époque grandiose."