samedi 15 janvier 2011

La prostitution dans l'Empire ottoman

Robert Mantran, Istanbul au siècle de Soliman le Magnifique, Paris, Hachette Littératures, 2008, p. 292-293 :

"Les cabarets, eux, ont pour la plupart une fâcheuse réputation. Ils ne sont tenus que par des minoritaires et, en principe, on n'en trouve pas dans les quartiers musulmans, encore moins à proximité des mosquées, ce qui est formellement interdit. (...)

Bien entendu, toute la racaille d'Istanbul se retrouve dans les pires de ces cabarets, et il faut toute la vigilance de la police pour que cette racaille, pour que les janissaires ivres ne causent de violences ni de scandales. Il n'est pas rare de rencontrer, le soir, des ivrognes dans la rue, et même des femmes (la plupart du temps des minoritaires, et de petite vertu) ; ce sont ces individus qui prennent un malin plaisir à semer l'effroi dans les hammams, voire dans de paisibles quartiers « bourgeois ».

La prostitution n'est pas inconnue à Istanbul et, à certaines époques, elle s'étale au grand jour au point que, sous le règne de Sélim II, il est des prostituées qui ont acquis une célébrité comparable à celle des poètes du temps... Il existe des maisons publiques dont le recrutement est fait parmi les Grecques, Juives, Arméniennes, Circassiennes, voire Européennes et même musulmanes (Syriennes, Iraniennes ou Turques) (...)."