jeudi 2 décembre 2010

Quand le précurseur "néo-ottomaniste" de Davutoğlu était encensé par les néo-conservateurs américains

Paul Wolfowitz, discours au Washington Institute for Near East Policy, 13 mars 2002 :

"C’était un homme du peuple, qui a su montrer que le savoir-faire, le talent et la détermination peuvent mener à la réussite. C’est ainsi que nous définissions, aux Etats-Unis, un self-made man (...). [Turgut] Özal était un chef d’Etat sûr de lui, qui a su s’affirmer sur la scène internationale. Ami proche de Georges H. W. Bush (ou Numéro 41, comme nous aimions l’appeler), il avait saisi le rôle que la Turquie comme puissance régionale et le devoir qu’elle a de défendre, avec les autres nations, ce qui est juste. (...) On se souviendra sans doute de Turgut Özal avant tout parce qu’il a mis en oeuvre le projet d’une Turquie moderne et démocratique, ouverte aux opportunités et aux bénéfices offerts par l’économie de marché. Il ne fallait pas simplement avoir un projet, mais aussi du courage, pour mettre la Turquie sur une telle voie."

Richard Perle, interview au magazine Turkish Policy Quarterly, volume 4, n° 1, 2005 :

"(...) il n'y a que deux démocraties actuellement dans la région [le Moyen-Orient], la Turquie et Israël. Une troisième démocratie, nous l'espérons, est en route, à savoir l'Irak. Je crois que la Turquie et Israël ont d'importants intérêts communs. C'était certainement la vision du Président Özal (...)."

"Nous [les Américains] avons un intérêt évident dans la protection de l'intégrité des nouveaux Etats indépendants du Caucase. Personne ne veut voir une autre conduite impériale de la part du successeur de l'Union soviétique et ces Etats se sentent souvent très vulnérables. Comme le Président Özal l'avait compris, une relation étroite avec la Turquie serait très utile pour ces nations. Une telle relation ne doit pas être anti-russe, mais basée sur des valeurs positives et des intérêts mutuels."

Voir aussi : L'AKP et le "jeu" américain au Moyen-Orient