jeudi 11 novembre 2010

Le point de vue mitigé des généraux turcs par rapport à l'Occident

Kenan Evren (président de la République), discours au Collège de guerre, cité dans Cumhuriyet du 4 octobre 1983 :

"Si nous sommes exclus du Conseil de l'Europe, ils n'auront plus la la possibilité de faire pression sur nous. C'est parce qu'ils veulent continuer à exercer cette pression qu'ils n'ont pas eu le courage de nous exclure. Mais laissez-moi vous dire encore une fois ceci : la République de Turquie ne doit pas son existence à sa participation au Conseil de l'Europe. La République de Turquie existe depuis des années et des années et la Nation turque continuera d'exister, qu'elle soit ou non membre du Conseil de l'Europe."

Tuncer Kılınç (secrétaire général du Conseil national de sécurité), déclaration, 7 mars 2002 :

"L'Europe ne veut pas et d'ailleurs ne peut pas nous admettre ; cessons de nous bercer d'illusions et cherchons une autre orientation, qui ne peut être qu'un rapprochement avec, non pas le monde arabe, mais l'Iran et la Russie."

Hilmi Özkök (chef de l'état-major), discours à Istanbul, 20 avril 2005 :

"A peu près 99 % de la population turque est musulmane. Mais la Turquie est un Etat de droit, laïque et démocratique. Elle n'est ni un pays de l'islam, ni un Etat islamiste. Il serait erroné de nous montrer comme modèle pour démontrer que l'on peut transformer facilement les pays à majorité musulmane en Etats démocratiques. Ce qu'on oublie c'est que le moteur du développement de la démocratie turque c'est la laïcité."

"La République turque n'a pas de religion officielle. La République prend soin de ne pas mêler les préoccupations religieuses avec les affaires d'Etat et du monde et voit dans le progrès de notre nation en accord avec son temps, la condition sine qua non de la réussite. Les principes laïques constituent les valeurs-clés de la République turque. C'est seulement avec cette qualité que la Turquie peut être donnée comme exemple. Il faut avoir présent à l'esprit que toute la nation se dressera devant la volonté de ceux qui voudront la transformer en « un modèle de pays de l'islam modéré »."