mercredi 3 novembre 2010

Aspect et beauté physiques des Turcs

Dominique Alexandre Godron :

"Les Turcs Osmanlis, les plus anciennement civilisés de toute la race [turque] et qui, depuis huit siècles, sont établis dans l'empire Ottoman, se distinguent aujourd'hui des Kirghis et des autres peuplades turques, qui errent encore dans les grandes plaines de l'Asie centrale. Ils constituent une très-belle race humaine ; ils ont la barbe épaisse et longue, les yeux coupés en amande et non pas bridés, et l'on trouve en outre dans l'ensemble de leur organisation et dans leur physionomie beaucoup de caractères qui sont ceux du type Européen, même dans la conformation de la tête et du crâne, qui a cessé d'être pyramidal. On prétend, toutefois, pour expliquer ces changements, qui se sont opérés dans la race turque et qui ont transformé ses caractères mongols en caractères caucasiens, à l'introduction dans les harems d'esclaves circassiennes. Cette cause n'a pu évidemment avoir d'influence que sur les riches et sur les grands, qui seuls ont des harems et peuvent les peupler de Femmes blanches. Mais la masse de la population n'a certainement pas formé d'unions en dehors de son propre sein. D'une autre part la haine des Grecs pour leurs conquérants et les antipathies religieuses si vivaces entre les deux races n'ont pas non plus favorisé les alliances, puisque les deux peuples, bien que vivant ensemble, sont encore aujourd'hui aussi séparés qu'au premier jour de la conquête." (De l'espèce et des races dans les êtres organisés et spécialement de l'unité de l'espèce humaine, Paris, J. B. Baillière et fils, 1859, p. 322)


Eugène Pittard :

"La population turque, considérée du point de vue anthropologique, constitue une masse hétérogène. Déjà en Asie, avant que s'ébranlent les contingents qui submergeront l'Europe du sud-est, elle est formée d'éléments ethniques divers.

Telle que nous la connaissons aujourd'hui, la race turque est une belle race, et dans cette Péninsule des Balkans où l'on rencontre de remarquables types humains, les Turcs ne sont pas à l'arrière-plan. On ne rencontre jamais chez eux les souvenirs mongoloïdes que l'on signale souvent chez les Tartares. (...)

L'origine ethnique indiscutable des Turcs n'est pas encore connue. Dans certaines terminologies on les appelle des Ouralo-Altaïques, dans d'autres, des Ougro-Finnois, mais ces définitions sont tellement vagues qu'elles ne signifient rien du tout. Sous l'étiquette de Turcs, on a enrôlé des populations asiatiques diverses (probablement apparentées par la langue qu'elles parlaient, mais qui, somatologiquement, n'avaient aucune raison d'être confondues avec les Turcs).

On a cru aussi que les Huns étaient des Turcs, mais il y a entre la description connue de Jornandès et les caractères extérieurs d'un Turc, un abîme. Rien ne ressemble moins à un Turc qu'un des hommes d'Attila." (La Roumanie ; Valachie, Moldavie, Dobroudja, Paris, Bossard, 1917, p. 297-298)

"Telle que nous la connaissons aujourd'hui, la race turque est une belle race, et dans cette Péninsule des Balkans où l'on rencontre de remarquables types humains, les Turcs sont loin d'être à l'arrière-plan. Et tout de suite, nous pouvons dire, nous qui avons vu beaucoup de Turcs, que très peu d'entre eux pourraient imaginer une origine rapprochée de celle des Mongols. Il ne faut pas complètement perdre de vue que, par l'institution du harem, il a pu entrer une petite quantité de sang étranger dans les veines du peuple turc. (...) Mais ces mélanges, certains, appellent aussi quelques explications. D'abord, cette introduction de sang étranger n'a guère affecté que la partie la plus riche de la population, celle qui pouvait se payer le luxe d'une polygamie plus ou moins étendue. Ce seraient donc quelques gouttes, dans un grand vase ; elles ne changeraient pas beaucoup la nature du liquide. On sait que les aristocraties sont les groupements sociaux qui ont toujours été les plus métissés. La noblesse, dans tous les pays, n'est guère une noblesse de race. Ensuite, il y en avait certainement un assez grand nombre, de ces Géorgiennes, de ces Grecques, de ces Arabes, qui pouvaient être considérées, tout en possédant d'autres qualificatifs, comme appartenant à la même race que les Turcs." (Les races et l'histoire : introduction ethnologique à l'histoire, Paris, Albin Michel, 1953, p. 393)


Claude Farrère :

"Un Turc, n'allez pas vous figurer que ça ressemble de près ni de loin à aucune espèce de nègre ! Dieux, non ! Au milieu du pêle-mêle balkanique (parmi les Grecs à cheveux bleus, les Bulgares à pommettes jaunes, les Arméniens à nez crochu), les vrais Osmanlis, mi-Circassiens, mi-Turkmènes, font plutôt figure d'hommes du nord, d'Anglais ou de Flamands, voire de Français, fourvoyés, Allah sait pourquoi ! dans la galère levantine." (L'Extraordinaire Aventure d'Achmet Pacha Djemaleddine : Pirate, Amiral, Grand d'Espagne et Marquis, Charleston, BiblioBazaar, 2009, p. 267)



Aimé-François Legendre :

"Le Turc est l'un des plus beaux spécimens de la race blanche, grand, avec un visage long et ovale, un nez mince, droit ou arqué, des lèvres fines, des yeux assez ouverts, très souvent gris ou bleus, sans sourcils proéminents.

Il est inutile d'ajouter que les Magyars et les Bulgares font également partie de la race blanche, même si un certain auteur les a récemment assignés à la race jaune, comme le Turc également, anciennement confondus avec les Huns et les Mongols.

De la même façon, n'a-t-on pas écrit, et des imitateurs n'ont-ils pas répété, que les Turcs ottomans devaient leur beau type physique à l'institution du harem ? Comme si la possession d'un grand nombre de femmes étrangères était possible pour la masse des Turcs ! Comment les habitudes de quelques personnes privilégiées pourraient affecter le caractère ethnique de toute une race ?

Maintenant, il y a certains faits historiques indéniables qui rappellent que la plus grande partie des armées d'Attila, et plus tard celles de Gengis Khan, étaient composées de Turcs, d'Iraniens, et de Wou-soun aux yeux bleus. Et tous ces peuples de race caucasienne étaient les véritables Huns, les Mongols, les guerriers barbus de grande stature dont les annales chinoises parlent (des guerriers irresistibles à cause de leur supériorité en termes d'organisation et d'équipement)." (Modern Chinese civilization, Ayer Co Pub, 1972, p. 221)



Tekin Alp :

"Voici encore des ouvrages persans écrits sept à huit siècles auparavant qui nous font le portrait des princes et des héros turcs Seltchoukis, des Alp Arslan et des Melikchah et de leur époque, presque tous sont de taille gigantesque. Ils ont des cheveux longs et ondulés, des visages beaux et longs et des poitrines larges. Les auteurs arabes d'il y a dix siècles décrivent à leur tour les « Atabey » qui ont régné pendant longtemps sur la Syrie et la Mésopotamie. Tous les princes de cette dynastie sont présentés par les auteurs arabes comme étant de couleur blanche, de taille élancée, ayant des fronts larges et de grands et beaux yeux. Mêmes caractéristiques chez les Seltchoukis d'Anatolie rapportées par les auteurs arabes de l'époque.

Les pionniers de la révolution kemaliste font de larges citations du célèbre poète persan Firdevsi ainsi que de différents poèmes et épopées des autres poètes persans qui décrivent des personnages légendaires turcs avec des caractéristiques morphologiques qui n'ont absolument rien de commun avec celles des Mongols. Surtout la beauté des femmes turques avec leur longue taille, leur couleur rose, leurs lèvres rouges, leur petite bouche, leurs sourcils arqués, leurs longs et abondants cheveux, est particulièrement exaltée par Firdevsi et autres poètes persans célèbres." (Le Kemalisme, Paris,
Félix Alcan, 1937, p. 116-117)


Carleton S. Coon :

"Dans ces dimensions, les Turcs ressemblent aux méditerranéens et aux alpins des Balkans, leurs visages ne sont pas assez longs pour des dinariques exagérés. (...)

La couleur de la peau non-exposée des Turcs est surtout blanche-brune ou basanée (von Luschan # 11-16), la couleur des cheveux, dans 90 % des cas, est le brun foncé. Les cheveux noirs, toutefois, se trouvent dans moins de 5 % des cas, et le blondisme est rare. Le ratio de cheveux bruns foncés est constant, sauf dans les provinces de l'Est, où il est proche de 100 %. Les poils de la barbe sont souvent plus clairs que les cheveux, seulement 70 % sont noirs ou bruns foncés, tandis que les tons roux sont trouvés dans près de 10 % des cas. Les barbes roussâtres ou blondâtres sont de loin plus communes à l'Ouest et au Nord que dans les autres provinces, et sont trouvées dans un tiers du groupe observé dans ces lieux.

Les yeux purement sombres sont trouvés dans 40 % du total, tandis que 40 % des autres possèdent des yeux foncés mixtes, dont beaucoup semblent bruns d'après une observation occasionnelle. Les autres 20 % sont presque entièrement composés d'hommes qui possèdent des iris mélangés ou clairs-mélangés, mais avec moins de 2 % de clairs purs. Dans l'ensemble, les Turcs d'Anatolie sont de pigmentation brune de manière prévalente, mais bruns dans une condition où la peau est blanche-brune, les cheveux bruns foncés et les yeux marrons foncés ou mixtes. Il y a plusieurs teintes de brun en ce qui concerne la couleur des yeux, et il est évident que plus d'une souche brune est présente. La quasi-absence de cheveux noirs, toutefois, la présence de tâches de rousseur, et le haut taux de mélange des yeux, lorsqu'ils sont combinés aux données métriques, indiquent que la principale souche brune est une forme alpine. (...)

Le caractère dinarique associé à un profil nasal convexe se trouve dans 58 % du total, le ratio est légèrement plus élevé dans le Nord et l'Est que dans l'Ouest. (...)

Les Turcs d'Anatolie sont pour la plupart des méditerranéens cappadociens, avec un mélange d'alpins en quantité suffisante pour produire la transformation dinarique." (The Races of Europe, chapitre XII, section 17 : "The Osmanli Turks", New York, The Macmillan Company, 1939)



Jean-Paul Roux :

"Les peuples turcs que nous voyons aujourd'hui installés dans les limites de la Turquie et répandus en Europe orientale et en Asie des plaines du nord de la mer Noire jusqu'aux rives de l'Océan Pacifique sont originaires de l'Asie Centrale. Ils sont partiellement au moins de race jaune 1. Toutefois en ce qui concerne ceux qui habitent la République turque, leur mélange avec les populations indigènes (telles que les Grecs) et leur occidentalisation ont détruit presque totalement les caractéristiques mongoliques et on a souvent l'habitude de les considérer comme de purs Européens. Eux-mêmes revendiquent d'appartenir à la race blanche, leur langue fait partie de la grande famille linguistique ouralo-altaïque ou, plus exactement, de la branche altaïque qui groupe le Mongol, le Mandchou et le Turco-Tatar. (...)

1. Cette question est loin d'être tirée au clair. On constate que les Turcs d'Asie Centrale sont actuellement de race jaune. L'Asie Centrale étant le berceau des Turcs on a conclu peut-être trop vite qu'ils descendaient d'une même souche ethnique. Cependant il est fort possible que dès les temps les plus anciens il y ait eu des Turcs de race blanche à côté de Turcs de race jaune. Dans ce cas ce nom servirait à couvrir une unité linguistique et non pas une unité ethnologique. L'appartenance des Anatoliens à la race blanche serait peut-être due alors à une ascendance indo-européenne et non seulement à l'occidentalisation." (La Turquie : géographie, économie, histoire, civilisation et culture, Paris, Payot, 1953, p. 59)

"Les vainqueurs des Ouïghours [les Kirghiz] constituent un très vieux peuple turcophone habitant depuis la plus haute antiquité dans la vallée du moyen-Iénissei, en Sibérie méridionale, dans la région des villes actuelles de Minousinsk et d'Abakan. Dès l'époque des Han, un peu avant le commencement de l'ère chrétienne, les Chinois les connaissent par leur nom et les décrivent comme « des hommes blonds, aux yeux bleus », manifestement de type nordique. Plus tard, l'écrivain arabe Gardizi, qui s'appuie sur des sources anciennes inconnues, rapporte qu'ils ont des cheveux rougeâtres et un teint clair, ce qui l'incite à voir en eux des Slaves.

L'archéologie a confirmé les sources textuelles en mettant au jour des tombes d'hommes manifestement européanides. Cela pose le problème de l'appartenance, généralement admise, des turcophones à la « race jaune ». (...) Il est piquant de constater qu'ils [les Kirghiz] sont aujourd'hui les plus mongoloïdes des peuples turcs, sans doute parce qu'ils sont largement métissés avec des Mongols." (L'Asie centrale. Histoire et civilisations, Paris, Fayard, 1997, p. 206)

"Les archéologues ont cherché à localiser le peuplement turc le plus ancien dans des régions où les tombes contiennent des crânes exclusivement brachycéphales, c'est-à-dire présentant des caractères mongoloïdes. Ils ont eu probablement raison, bien que leur démarche pût être imprudente ; le rameau primitif des Turcs présente bien des caractères raciaux. Mais cette qualification anthropologique perd vite de sa pertinence. Dès avant l'ère chrétienne, on mentionne comme turc le peuple kirghiz composé d'hommes blonds, de haute taille, aux yeux bleus qui doivent être des Paléo-Asiates ou plutôt des Indo-Européens turquisés." (Histoire des Turcs. Deux mille ans du Pacifique à la Méditerranée, Paris, Fayard, 2000, p. 22)

"(...) on sait qu'en ces mêmes XIIe et XIIIe siècles les Turco-Mongols sont, avec leurs longues tresses, leurs pommettes saillantes, leurs yeux fendus en amande, l'idéal de la beauté humaine pour l'esthète musulman : quel charme n'ont-ils pas en effet sur les miniatures iraniennes et les fresques ghaznévides !" (ibid., p. 107)

"Les Iraniens louent sans réserve la supériorité militaire des Turcs mais n'oublient pas qu'ils les ont d'abord connus comme esclaves, ghulams, puissants certes, mais sans droits légaux. Retrouvant envers eux le regard qu'ils avaient jadis porté sur les Arabes, ils ont profondément conscience que leurs ancêtres avaient une civilisation bien plus élevée que la leur. Cela ne les empêche pas d'être sensibles à la beauté des femmes turques, « pleines de grâce et de vivacité », aux « yeux petits, mais séduisants », dira le médecin Ibn Butlan, mort en 1063. Les poètes chanteront inlassablement les yeux fendus en amande, les tresses noires, les visages ronds, en pleine lune, (...)." (Histoire de l'Iran et des Iraniens. Des origines à nos jours, Paris, Fayard, 2006, p. 318)