mardi 12 septembre 2017

Citations du général Kenan Evren




Message en tant que président du Conseil national de sécurité, 12 septembre 1980 :

"Les forces armées ont pris le contrôle du pays pour sauvegarder son intégrité territoriale et son unité nationale. L'armée a été obligée de faire face au danger mortel que courait le pays. Nous avons réussi à prendre le contrôle complet du pays."

Déclaration, 15 septembre 1980 :

"Notre démocratie a déraillé. Nous sommes décidés à liquider tous les obstacles qui empêchent son fonctionnement normal. L'Armée, une fois cette tâche accomplie, retournera à ses missions traditionnelles."

Déclaration, 30 octobre 1980 :

"L'unique raison d'être des Forces Armées Turques est la défense du pays en tant qu'ensemble indivisible à la fois contre les ennemis intérieurs et extérieurs, et veiller à ce que ce pays soit toujours sûr."

Discours au Collège de guerre, cité dans Cumhuriyet du 4 octobre 1983 :

"Si nous sommes exclus du Conseil de l'Europe, ils n'auront plus la la possibilité de faire pression sur nous. C'est parce qu'ils veulent continuer à exercer cette pression qu'ils n'ont pas eu le courage de nous exclure. Mais laissez-moi vous dire encore une fois ceci : la République de Turquie ne doit pas son existence à sa participation au Conseil de l'Europe. La République de Turquie existe depuis des années et des années et la Nation turque continuera d'exister, qu'elle soit ou non membre du Conseil de l'Europe." 

Discours devant les étudiants de l'Université d'Adana, 8 janvier 1987 :

"La réaction religieuse existe en Turquie, elle est aussi dangereuse que le communisme. (...) la nation écrasera la tête de ceux qui veulent instaurer un Etat communiste ou basé sur la loi religieuse."

Déclaration à Sivas, 22 juin 1987 :

"(...) quelques pays alliés veulent diviser la Turquie. (...) Quelques pays alliés soutiennent les mouvements terroristes en Turquie (...) Nous sommes membres de l'OTAN, du Conseil de l'Europe et de l'OCDE. Quand nous avons présenté notre demande d'adhésion à la CEE, les communistes et les Verts ont voulu nous en empêcher. (...) ils ont voté la résolution qui a encouragé les terroristes."

Voir également : L'Armée, la gardienne de la démocratie turque

Le terrorisme arménien contre les démocraties

Le point de vue mitigé des généraux turcs par rapport à l'Occident

samedi 2 septembre 2017

Le turcocentrisme suédois au XVIIIe siècle




Gunnar Jarring, Return to Kashgar : Central Asian memoirs in the present, Durham, Duke University Press, 1986, p. 77 :

"(...) [Johan Gabriel] Sparwenfeld avait développé des idées sur un peuple centre-asiatique appelé Geths, qui était le même que les Goths, et la capitale de ces Geths avait été Kashgar, également appelée Khasgard, qui était la même qu'Asgard d'où Oden [Odin] était venu dans les pays du Nord. Sparwenfeld et d'autres auteurs de cette époque ont estimé que cette idée était corroborée par des informations trouvées dans la Saga islandaise Hervarar et chez Snorre Sturlasson, à propos d'Oden venant de "Turkland", synonyme ici de l'ancienne Troie. Ses disciples étaient des Turcs. Ils étaient également appelés Asiemans, ce qui était identique à Asar (Asgarders). Ces informations islandaises étaient fréquemment mentionnées dans la littérature savante du XVIIIe siècle. En 1764, Sven Lagerbring, professeur à l'Université de Lund, publia sa Bref till Cancellie Rådet och Riddaren Herr Joh. Ihre om swenska och turkiska språkens likhet (Lettre au Chancelier et Chevalier M. Joh. Ihre sur l'affinité des langues suédoise et turque). Dans celle-ci, il décrivit Oden comme "förman för en stor swarm af folk, bestående de Tirkiar och Asieman" (chef d'un grand essaim de peuples composés de Turcs et d'Asiemans). Le 17 avril 1745, Pehr Lovén présenta une dissertation à l'Université de Lund intitulée Om Goinge (A propos de Goinge). Il y déclara que la parenté des peuples svéo-gothiques avec les Turcs était bien mise en évidence dans les sources islandaises et qu'ils avaient immigré d'Asie. Il poursuit : "Par conséquent, il est probable que certains Turcs se soient installés en Goinge. Cet événement n'est pas entièrement oublié, même aujourd'hui, car une vaste région autour [des villes] de Torup, Mattered, et des zones proches est appelée Lilla Tyrkiet ou Lilla Tyrkiriet (Petite Turquie). On pourrait supposer que le manque de culture parmi les habitants a donné naissance à ce nom, mais il n'y a rien de barbare à leur sujet et, par conséquent, l'hypothèse précédente est plus susceptible d'être correcte, c'est-à-dire que le nom est dérivé [du nom] d'anciens colons, et au fil du temps, il a été supplanté par le nom plus familier de Goths ou Goingers.""

Voir également : La proximité des langues altaïques (incluant le turc), ouraliennes et indo-européennes selon la théorie de la macro-famille linguistique nostratique

La communauté culturelle entre Celtes et Proto-Turcs

Mustafa Celâlettin Paşa alias Konstanty Borzęcki

Kémalisme : les théories raciales au service de la paix

Attila, roi des Huns

La Suède et l'Empire ottoman

Voltaire, Rousseau et la Turquie

mercredi 16 août 2017

La Turquie kémaliste et la Pologne pilsudskiste




Georges Mamoulia, Les combats indépendantistes des Caucasiens entre URSS et puissances occidentales : Le cas de la Géorgie (1921-1945), Paris, L'Harmattan, 2009, p. 98-99 :

"(...) dès l'été 1926 la politique de la Pologne à l'égard de ses protégés caucasiens changea radicalement. En mai Józef Piłsudski était arrivé au pouvoir. Les Pilsudskistes plaçaient de grands espoirs sur l'évolution récente de la Turquie, qu'ils rêvaient toujours de voir se détacher de son entente avec Moscou. En effet Ankara venait d'entreprendre une série de démarches diplomatiques pour se rapprocher de la Grande-Bretagne, et ainsi, dans une certaine mesure, s'éloigner de l'URSS. Le 5 juin 1926, dans le but d'améliorer ses relations avec Londres, la Turquie avait en effet signé un accord avec l'Irak sous mandat britannique sur la délimitation de la frontière turco-irakienne et l'instauration de relations de bon voisinage. Aux termes de cet accord, la région de Mossoul, objet des convoitises des autres grandes puissances, était reconnue comme un territoire rattaché à l'Irak, donc dépendant de la Grande-Bretagne. En 1926-27 Ankara esquissa de même un rapprochement avec les autres puissances occidentales. Cette conjoncture opportune permettait aux Caucasiens en Turquie de relancer leurs opérations de renseignement et leur activité propagandiste."


"Pologne", Bulletin périodique de la presse turque, n° 91, 9-10 mai 1932, p. 16 :

"Une Association turco-polonaise s'est fondée à Varsovie, sous la présidence de M. Voirrado Japoszévitz (Djumhouriet, 3-2). La presse polonaise a donné une grande publicité aux déclarations faites à l'un de ses membres par Djevad Bey, ambassadeur de Turquie, grand partisan de rapports de plus en plus intimes entre les deux nations, tant au point de vue économique qu'au point de vue politique ; la signature d'un traité de commerce est un premier pas fait dans cette voie. Des échanges commerciaux sont également utiles aux deux pays qui doivent, non se laisser abattre par la crise actuelle, mais en chercher les remèdes. Interrogé sur la question du pacte de non-agression avec l'U. R. S. S., l'ambassadeur a répondu que la politique de la Turquie avec ses voisins consistait à régler par des accords toutes les difficultés pendantes : avec la Grèce, c'est chose faite ; avec la Bulgarie, les pourparlers sont engagés ; en ce qui concerne les autres Etats, on a bon espoir, et la Turquie voit avec plaisir d'autres nations conclure des pactes semblables avec l'U. R. S. S. Djevad Bey a terminé en exprimant son ardent désir de voir les Polonais et les diplomates étrangers fréquenter l'ambassade, où ils recevront le même accueil cordial que l'ambassadeur de Pologne, à Ankara, réservé aux Turcs (ibidem, 6). On a vu, plus haut, son rôle à la Conférence. Le 28, recevant le directeur de l'Agence d'Athènes, il lui témoigna sa sympathie pour un rapprochement turco-gréco-bulgare et dissipa les craintes que pouvait inspirer à la Grèce la turquisation du pays (ibidem, 29).

Le maréchal Pilsudski, se rendant en Egypte, a fait un court séjour à Istamboul les 3 et 4 mars. Malade, il n'a pu descendre à terre ; les membres de la légation et de la colonie polonaises, ainsi que le vali adjoint, sont venus le saluer à bord (Djumhouriet, 5-3). M. G. Primi, directeur du Messagero degli Italiani, lui consacre un article dans l'Akcham du 5 : dur et parfois inconstant, le maréchal est un homme énergique, sympathique au fond. Les Polonais d'Istamboul ont célébré sa fête patronymique : celle de saint Joseph, le 19 mars (ibidem, 21-3)."


Volodymyr Kosyk, L'Allemagne national-socialiste et l'Ukraine, Paris, Publications de l'Est européen, 1986, p. 34 :

"A la même époque [1934], les désirs des Polonais, selon le journaliste italien Enrico Insabato, qui venait de séjourner à Varsovie, étaient les suivants : « Corridor jusqu'à la mer Noire, frontières communes avec la Hongrie ». Insabato rapporta ces propos à Rosenberg, l'assurant en outre que Pilsudski « est en train de rassembler les peuples périphériques de la Finlande à la Turquie » et qu'il « attend pour répliquer à la Russie »49. (...)

49. Das politische Tagebuch Rosenbergs, o.c., p. 36."


Voir également : La Turquie et l'Ukraine
  
Les relations fluctuantes entre la Turquie kémaliste et l'Italie mussolinienne

Hamdullah Suphi : "Comment se brisent les idoles"

Memmed Emin Resulzade, père fondateur de la République d'Azerbaïdjan

Jacques Bainville

L'épopée des volontaires polonais de l'armée ottomane
  
Mustafa Celâlettin Paşa alias Konstanty Borzęcki

Franciszek Henryk Duchinski (historien polonais originaire de Kiev)

Adam Mickiewicz (poète et patriote polonais)

lundi 14 août 2017

Le développement de l'athlétisme et de l'éducation physique sous les Jeunes-Turcs




"Athlétisme ottoman", Revue Olympique (Bulletin trimestriel du Comité international olympique), octobre 1908, p. 158-159 :

"Jusqu'ici la Turquie n'a point tenu son rang dans les chroniques sportives. Elle avait pourtant un sport bien à elle, la lutte. Sous le règne précédent, la lutte était en faveur car, non content de la protéger, le sultan d'alors [Abdülaziz] s'y adonnait lui-même dans son palais. Par quelle bizarrerie mentale, en est-on venu, sous Abdul Hamid, à proscrire jusqu'au mot de lutte auquel une police affolée oserait trouver un vague relent séditieux ? Cela est incompréhensible aux occidentaux. Naturellement un pareil régime ne pouvait manquer de diminuer le nombre des adeptes, mais non point l'ardeur au travail des obstinés que l'amour du sport rendait prêts à braver les foudres policières. D'autre part, les étrangers résidant à Constantinople ont éprouvé le besoin d'avoir des gymnases et des salles d'armes et c'est ainsi que l'athlétisme est rentré subrepticement dans l'antique Byzance. Ces années-ci, on y jouait au football. En 1906-1907, six clubs se sont disputés le championnat ; trois de ces clubs étaient de Chalcédoine ; un autre était formé par les élèves du lycée de Galata-Seraï. Ajoutez-y quelques tennis-clubs. C'était peu, mais c'était un commencement. Le fameux comité « Union et progrès », qui compte quelques « Jeunes Turcs » grands partisans de l'exercice physique et athlètes eux-mêmes a fait une place, paraît-il, dans ses projets de réorganisation sociale, à la propagande sportive et à l'établissement d'une forte éducation physique. Par là, les réformateurs se montrent sages car elle restera éternellement vraie, la leçon résumée par la sagesse antique en cette formule lapidaire : civium vires, civitatis vis. L'adhésion des Ottomans à cette vérité trop longtemps inconnue par eux sera, pour l'avenir de leur race, le point de départ de la régénération à laquelle ils ont droit de prétendre."

"Bulletin officiel du Comité International Olympique", Revue Olympique, janvier 1909, p. 16 :


"Par scrutin ouvert le 15 décembre viennent d'être élus membres du Comité international Olympique : pour la Roumanie, M. Georges A. Plagino — pour les Etats-Unis, M. Allison V. Armour — pour la Turquie, Selim Sirri Bey. (...) Selim Sirry Bey est le premier représentant qu'ait eu la Turquie dans le Comité International. C'est un officier doublé d'un athlète que ses efforts pour organiser l'éducation physique dans l'empire ottoman indiquaient pour un semblable poste."

"Bulletin du Comité International Olympique", Revue Olympique, décembre 1910, p. 188 :


"M. l'adjudant-major Sélim Sirry Bey, membre du Comité International pour la Turquie, après avoir séjourné une année à Stockholm où il avait été chargé de missions par le gouvernement impérial ottoman, s'est vu confier, à son retour à Constantinople, l'inspection générale de l'éducation physique dans les écoles de l'Etat. Il a été nommé en même temps professeur de gymnastique médicale à la Faculté. Sélim Sirry Bey s'occupe également de la formation du Comité Olympique ottoman."

Voir également : La révolution jeune-turque ou la quête d'une modernité turque

dimanche 13 août 2017

L'influence du kémalisme sur l'armée française




Antoine Argoud, La décadence, l'imposture et la tragédie, Paris, Fayard, 1974, p. 127 :

"C'est à M'sila [en 1956] que je mets au point mes méthodes et, en particulier, que je fixe mon attitude à l'égard de la population. Je m'inspire directement de l'exemple de Kemal Ataturk."


Jean-André Faucher, Les barricades d'Alger (Janvier 1960), Paris, Editions Atlantic, 1960, p. 41-42 :

"Pour le reste, l'Armée du bled est en fait une armée de petites féodalités locales. Là se trouvent les Officiers révolutionnaires, ceux qui ne sont pas souvent d'accord mais qui, pour l'instant, font la guerre avec la conviction que les comptes se régleront un jour. Pour ces officiers « kémalistes », qui n'aiment guère les vieilles formules colonialistes, qui détestent les politiciens de métier, de Gaulle n'est qu'un moment de la vie politique française. Lorsqu'on leur parle de survivre à de Gaulle, ils cherchent un nom de soldat. Juin est discuté depuis son voyage à Carthage dans le sillage de Pierre Mendès-France. Zeller est respecté parce que c'est un homme qui n'a jamais composé avec les systèmes politiques. Faure a perdu beaucoup de son prestige depuis sa triste aventure électorale sous le signe de Pierre Poujade. Cogny a été très populaire mais son nom est revenu trop souvent dans les récits des conjurés parisiens.

Chassin s'agite beaucoup mais la jeune armée le connaît à peine.

Salan existe, on le sait dans les popotes, et on se répète qu'il n'est pas aussi gaulliste qu'on pourrait le croire depuis le 13 Mai, mais les jeunes capitaines sourient lorsqu'ils se rappellent comment un Léon Delbecque a pu offrir au général de Gaulle, enveloppé dans du papier de soie, le képi du général Salan."


Maurice Faivre, Le renseignement dans la guerre d'Algérie, Panazol, Lavauzelle, 2006, p. 57 :

"En marge de ces mouvements, il faut citer Patrie et Progrès, qui le 17 mai 1958 a fait appel au général de Gaulle, mais qui revendique de survivre à de Gaulle ! Il regroupe de jeunes officiers qui défendent des idées patriotiques et socialistes et promeuvent le rôle de l'armée dans la nation. Ils insistent sur la vocation africaine et universaliste de la France. Ils souhaitent une révolution kémaliste pour l'Algérie (gouverner, produire, partager, convertir) et se prononcent contre les négociations avec le FLN et contre l'exode des Européens. Refusant de fusionner avec le mouvement pour la coopération de Jacques Dauer (qui donne naissance aux barbouzes), ils veulent gagner l'opinion musulmane pour vaincre le FLN. On retrouve dans ses rangs ceux qui deviendront gaullistes de gauche. Ils n'ont d'activistes que l'apparence."


"Survivre à de Gaulle : Un document de "Patrie et Progrès"", Le Monde, 22 avril 1959 :

"Avant toute solution en Algérie acceptable pour la France il faut une révolution kémaliste dirigée essentiellement contre le capitalisme français et faite au moins partiellement par un parti socialiste groupant Européens et musulmans..."


"Patrie et Progrès : la vraie révolution algérienne se fera avec la France ou contre elle", Le Monde, 28 janvier 1960 :

"Depuis un an nous proclamons la nécessité d'une synthèse du patriotisme des uns et des aspirations progressistes des autres.

Demain, après tant de médiocrité criminelle, nos idées s'imposeront d'elles-mêmes. Aujourd'hui elles nous éviteraient la guerre civile.

Elles ouvriraient surtout une issue à l'affaire algérienne : pour que l'avenir de l'Algérie soit français il faut modifier la structure de la société algérienne par une révolution économique (et notamment par une réforme agraire drastique). Et cette révolution il faut la faire nous-mêmes, en nous appuyant sur la jeunesse, sur un parti kemaliste et sur l'armée. Ce n'est pas utopique : c'est inévitable, aujourd'hui avec la France, ou bien demain, hélas ! contre elle. "


""Patrie et Progrès" : dépasser le nationalisme algérien par une révolution politique", Le Monde, 10 mars 1960 :

"Mais, hélas ! nous sommes les seuls à rappeler qu'il ne suffit pas d'éviter la catastrophe dans l'immédiat ; qu'il ne suffit pas de combattre le F.L.N. par les armes et d'éviter les mauvais dialogues ; que les astuces constitutionnelles, baptisées intégration, association, Algérie algérienne, fédérée, confédérée, n'exorciseront pas le nationalisme algérien, né de la misère et de l'humiliation.

Ce nationalisme, il faut le dépasser par une révolution politique, certes, mais surtout économique et sociale réalisée en commun par la jeunesse algérienne, les instituteurs, l'armée, les techniciens français, par un parti socialiste franco-musulman. Il faut le dépasser par le kémalisme, la libération de la femme, une réforme agraire drastique, le développement coopératif du bled par la petite industrie et la petite hydraulique communales, la réalisation de l'égalité culturelle, la garantie d'emploi à la sortie d'un enseignement technique accru, la liquidation des privilèges commerciaux et des rentes industrielles.

En conviant les uns et les autres à assumer cette tâche en Algérie aux côtés des musulmans la France créerait le banc d'essai d'une politique originale des pays sous-développés et mobiliserait au profit de son rayonnement diplomatique l'enthousiasme de la jeunesse algérienne et française."

 
Voir également : Le kémalisme : un nationalisme ouvert et pacifique

Qui était Mustafa Kemal Atatürk ?

Chronologie des réformes kémalistes

L'amitié franco-turque

Jacques Soustelle

Georges Bidault

Jean-Pierre Chevènement

Les "kémalismes" chinois et turkestanais

Basbak, "Les bolcheviks et le « Kémalisme »", Prométhée, n° 9, août 1927, p. 9-12 :
De la discussion qui s'est élevée entre les communistes de Moscou au sujet de la révolution chinoise, se détache un trait fort caractéristique et qui jette une vive lueur sur les rapports effectifs qui existent entre Moscou la Rouge et la Turquie actuelle.

Le fond de la discussion porte sur la définition de la nature sociale de ce qu'on appelle le gouvernement d'Ouchan à Hankéou, dont font partie les membres du Kuomingdan, et que soutiennent les communistes chinois.

Pour Trotski, le gouvernement d'Ouchan n'est autre qu'une « fiction » dont l'appui, sous sa forme actuelle, équivaut à la trahison des intérêts du prolétariat chinois. Il faut créer en toute hâte des soviets à la manière russe et le pouvoir doit être confié à ces soviets.

Zinoviev estime qu'à Ouchan (Hankéou) se trouve un gouvernement de « kemalistes » chinois auquel il ne manque pour assurer le succès des obligations prises de lutter contre les impérialistes européens, que des soviets à la manière de ceux de Moscou.

Staline, le vainqueur dans cette discussion des affaires chinoises de Moscou, émet une toute autre opinion que celle de Trotski et de Zinoviev. Il considère Trotski comme un simple « coquin» et Zinoviev comme ne « comprenant pas les choses les plus simples ». Quant à lui, fidèle aux conseils de Lénine, il sait se tirer d'affaire à rebours lorsque le besoin s'en fait sentir, et donner des explications de tactique authentiquement hypocrites au parti communiste par rapport à la révolution chinoise et au « kemalisme » en général.

En ce qui concerne le « coquin » de Trotski, Staline ne veut même pas discuter, et quant à Zinoviev, qui ne comprend pas les « choses les plus simples », il lui fait remarquer que si le gouvernement d'Ouchan est du « kemalisme », il faudrait le renverser aussitôt, car, ajoute Staline, le gouvernement des kemalistes est un gouvernement de lutte contre les ouvriers et les paysans.

Staline accuse Trotski et Zinoviev de « déformation indécente et profondément calomniatrice » des positions du parti communiste et de la Komintern (Internationale communiste) sur la question chinoise. D'après Staline, les camarades Trotski et Zinoviev ne cessent d'affirmer que le Comité exécutif du parti communiste de Russie et la Komintern ont défendu et défendraient encore la politique de « soutien » de la bourgeoisie nationale de Chine. C'est une affirmation sans consistance, c'est une « calomnie » et une « déformation voulue de la cause ».

En réalité, continue Staline, le Comité exécutif central du parti communiste et la Komintern ont défendu, non pas la politique de soutien de la bourgeoisie nationale, mais la politique qui tendait à tirer parti de la bourgeoisie nationale, tant que la révolution chinoise a été une révolution essentiellement nationale d'un front unique qu'ils ont ensuite changée en politique de lutte armée avec la bourgeoisie nationale lorsque la révolution chinoise est devenue une révolution agraire.

C'est dans cette tactique « de tirer parti de la bourgeoisie nationale» de remplacer le front unique national étranger (chinois, turc, etc.) par le front de la guerre civile, c'est-à-dire, pour employer les termes de Staline, par une lutte armée avec la bourgeoisie nationale, au nom de la lutte contre le capitalisme mondial, au nom des intérêts de la révolution sociale mondiale ou, pour mieux dire, de l'effondrement du corps national d'Etat de Chine et de Turquie en particulier, que consistent les rapports authentiques entre Moscou la Rouge et les « kémalistes » de tous peuples.

La révolution pour l'indépendance nationale de la Chine ne s'est pas encore stabilisée. Le véritable « kémalisme » n'a pas encore été créé en Chine. C'est pourquoi Staline est pour le soutien du gouvernement d'Ouchan, pour l'alliance des communistesavec le Kuomingdan. Mais au moment où la bourgeoisie nationale chinoise à Ouchan passera au « kemalisme », c'est-à-dire au moment où elle s'opposera à transformer la lutte pour l'indépendance nationale en guerre civile, le chef du gouvernement de Moscou, en réalité, donnera l'ordre aux communistes chinois de commencer la lutte pour le pouvoir soviétique, de renverser les alliés d'hier. L'état d'énervement et l'inquiétude causés à Staline par Trotski et Zinoviev ne sont que le résultat du trop de hâte de ces messieurs qui ont voulu trop tôt ouvrir les cartes brouillées du fidèle disciple de Lénine. Car à vrai dire, la différence qui existe entre Staline d'une part et Trotski-Zinoviev de l'autre, dans les affaires de Chine consiste simplement en ce que Staline veut continuer à « tirer parti » de la révolution bourgeoise nationale dans l'intérêt de Moscou la Rouge, alors que les autres trouvent que la bourgeoisie nationale chinoise a été suffisamment exploitée et qu'il est temps de commencer à établir le pouvoir soviétique en Chine. Zinoviev estime que les Chinois se sont déjà « kémalisés » alors que pour Staline ils ne le sont pas encore suffisamment. Dans les deux cas les rapports entre Moscou la Rouge, le « kémalisme » et les « kémalistes » s'explique assez clairement. Le Comité central du parti communiste de Moscou et la Komintern doivent s'efforcer de remplacer tout gouvernement « kémaliste » par le pouvoir des soviets de députés ouvriers et soldats.

Pour consolider leur position d'expectative par rapport à la bourgeoisie chinoise dans la question de l'organisation du soviet des députés ouvriers et soldats, Staline s'appuie sur les thèses de Lénine appliquées au Turkestan et dans les pays d'Orient en général. Staline dit que Lénine a recommandé que dans des pays comme le Turkestan où il n'existe peu ou point de prolétariat doivent être organisés, non pas des soviets de députés ouvriers, mais des soviets populaires non-prolétariens de paysans.

Lénine écrivait bien ainsi, mais en réalité, il agissait autrement : Au Turkestan, toujours sur les conseils de Lénine, furent organisés des soviets d'ouvriers et de soldats russes et les partisans de la création de soviets populaires non-prolétariens furent déclarés contre-révolutionnaires et ennemis des musulmans du Turkestan. Cet exemple suffit pour montrer le manque de sincérité, la profondeur du mensonge du dictateur actuel de Moscou, M. Staline. Mais il est encore d'autres exemples qui peuvent être ici relatés et qui témoignent des rapports entre Moscou la Rouge et les « kémalistes ». Ces exemples sont pris sur la politique du pouvoir soviétique au Turkestan.

Au début du mois de juin dernier, au Congrès des instituteurs uzbeks et autres travailleurs de l'Instruction publique à Tachkent, la question des nationalistes du Turkestan fut vivement discutée. Le rapporteur officiel tout en reconnaissant les services révolutionnaires des nationalistes du Turkestan au moment du tsarisme russe, les accusait d'être passés au... « kémalisme » après la révolution d'octobre.

Qu'il nous soit permis de signaler ici un passage de l'acte d'accusation du rapporteur officiel à l'adresse des « kémalistes » du Turkestan. « Si à la fin de 1917 et au début de 1918 les affaires avaient tourné au Turkestan à la manière dont le voulait Tchoevkaïff (1), nous aurions aujourd'hui (horribile dictu !) un gouvernement qui ne se différencierait en rien du gouvernement turc... »

Le « kémalisme » en Chine et le « kémalisme » au Turkestan sont les termes les plus en vogue pour désigner les ennemis du peuple chinois et turkestanien. N'empêche que le kémalisme de Turquie semble persister à s'attirer la sympathie de Moscou la Rouge. Mais ce n'est qu'à l'extérieur ; il suffit de lire le numéro du premier mai des journaux de Tachkent, de s'intéresser à l'activité de la MOPR, c'est-à-dire de l'Organisation internationale de secours aux révolutionnaires pour avoir une idée de la haine que le parti communiste de Moscou éprouve envers le gouvernement actuel de Turquie.

Si le travail bolchevik arrivait à faire éclater la révolution dans l'Europe capitaliste, Moscou la Rouge ne tarderait pas à entrer en campagne contre la Turquie kémaliste, car n'étant plus désormais une barrière contre l'Europe, la Turquie nationale actuelle apparaîtrait comme le seul ennemi ayant triomphé de la révolution sociale.

La politique turque actuelle de Moscou la Rouge est bien ce que Lénine qualifiait de « savoir lorsque besoin est se tirer d'affaire à rebours ».

Le vrai visage de la politique de Moscou par rapport à la Turquie apparaît clairement de l'attitude que les communistes russes manifestent envers le « kémalisme » en Chine et au Turkestan.
Paris, 12 juillet 1927.
BASBAK.

Voir également : Sun Yat-sen et la Turquie

Mustafa Tchokay : "La question d'un Etat Touranien"

Hamdullah Suphi : "Comment se brisent les idoles"

mercredi 9 août 2017

La Révolution conservatrice allemande et le kémalisme




Dorothée Guillemarre-Acet, Impérialisme et nationalisme. L'Allemagne, l'Empire ottoman et la Turquie (1908-1933), Würzburg, Ergon Verlag, 2009 :

"(...) Vedat Nedim [Tör], envoyé en Allemagne étudier l'économie en 1916, qui suit à Berlin les cours de l'économiste Werner Sombart. Sans nul doute, ceux-ci exercent une influence décisive sur lui, ainsi qu'il le formulera des années plus tard dans ses souvenirs :

« Même si ma mémoire est de temps en temps défectueuse, je me souviens de certains événements comme s'ils s'étaient passés hier. Ainsi des paroles que j'ai entendues dans le cours du professeur Werner Sombart un jour pendant la période du cessez-le-feu alors que j'étais étudiant à l'Université de Berlin : 'L'Empire ottoman est l'exemple typique d'une semi-colonie. Un empire majestueux qui s'est étendu sur trois continents est en train de rendre l'âme (...) dans les mains des puissances impérialistes (...) parce qu'il n'a pas pu s'adapter aux conditions économiques et sociales de la révolution industrielle'. Bien qu'entre temps plus d'un demi-siècle se soit écoulé, je continue pourtant en écrivant ces lignes à ressentir comment chaque mot de mon professeur, donnant son cours debout dans une salle comble en orateur élégant, beau, le visage avenant, avec sa petite barbe fine et ses lunettes, a pénétré dans mon coeur tel un poignard brûlant (...). »

Vedat Nedim soutiendra en 1922 sous la direction de Sombart une thèse intitulée Türkiye Nasıl Bir Emperyalizm Konusu Oldu ? [Comment la Turquie est-elle devenue un objet de l'impérialisme ?]. Un an plus tard, il épousera une Allemande et rentrera en Turquie où il assumera diverses fonctions, dont certaines sont liées à l'Allemagne. Nous rencontrerons donc son nom dans la suite de ce travail. (...)

Hormis le groupe du Parti des paysans et des travailleurs de Turquie, d'autres étudiants se trouvent également à Berlin. Le futur économiste Ömer Celal [Sarç], par exemple, obtiendra en 1925 son doctorat également sous la direction de Sombart. Il restera lui aussi à Berlin après la fondation de la République turque et la reprise officielle des relations entre les deux pays, et participera comme nous le verrons à la création de la Chambre de Commerce turque en Allemagne, dont il sera le secrétaire général. Rentré en Turquie, il sera conseiller au ministère de l'Economie puis professeur d'économie à Ankara et continuera à se référer dans ses ouvrages à Sombart." (p. 222-223)

"La présidence de la Chambre turque de Berlin est assumée par Mehmed Mecdet bey, qui est par ailleurs délégué de commerce de la République turque à Berlin. D'après nos recherches, Mehmet Mecdet bey a étudié en Allemagne pendant la guerre et a obtenu son doctorat d'économie à Berlin en 1923/1924 sur le sujet « Les dettes étatiques de la Turquie et l'administration de la Dette Publique ottomane ». Nous ignorons cependant le reste de sa carrière. Ömer Celal [Sarç], dont nous avons commencé à évoquer le parcours, est quant à lui le secrétaire général de la Chambre et le rédacteur en chef de la revue. Un article publié dans le Servet-i Fünun à son propos nous permet d'apprendre qu'il est parti en Allemagne en 1917, où il a d'abord passé son baccalauréat à Potsdam dans un Real Gymnasium, pour ensuite entrer à l'Université. L'armistice en Bulgarie l'aurait décidé, selon l'auteur de l'article, à étudier une « chose utile », l'économie. Après quatre semestres, en juillet 1922, il a obtenu son examen avec mention « très bien ». Pour compléter sa formation, il a été stagiaire à la Deutsche Bank de Berlin durant six mois, après lesquels il est retourné à l'université, où il a obtenu son doctorat sous la direction du professeur Werner Sombart." (p. 268)

"En juillet 1932, le ministre de l'Economie Mustafa Şeref [Özkan], secondé activement par Ahmed Şerif, fait passer une série de lois allant dans le sens d'une plus grande intervention de l'Etat. Deux mois plus tard, il doit démissionner après qu'Ahmed Şerif a refusé à la Türk İş Bankası de fonder une usine de papier. Il est remplacé par le président de cette banque Celal Bayar, sous le ministère duquel le premier plan quinquennal sera mis en place.

On le voit, le concept d'étatisation n'est pas compris par tous de la même manière. Parmi les intellectuels kémalistes, le débat devient vite polémique, comme le montre l'histoire de la revue Kadro, fondée en 1932 par six publicistes et écrivains dont certains, comme Vedat Nedim et Burhan Asaf, se connaissent depuis leurs études à Berlin. Ces intellectuels, qui défendent la possibilité d'une troisième voie entre le socialisme et le libéralisme en s'inspirant, comme nous le verrons plus loin dans ce travail, des économistes allemands de la révolution conservatrice comme Werner Sombart, seront obligés d'arrêter la publication de leur revue en 1934, accusée de propagande communiste." (p. 275)

"Se référant à la fois à la NEP de Lénine, au modèle de l'économie soviétique planifiée et aux théoriciens de l'économie nationale et du socialisme d'Etat comme Friedrich List, Adolph Wagner et surtout Werner Sombart, les éditeurs de Kadro refusent le libéralisme économique. Tout en se démarquant des idées de Ziya Gökalp et des unionistes, ils défendent la conception selon laquelle la bourgeoisie doit être contrôlée par l'Etat. A ce titre, ils mettent en avant la nécessité de trouver une troisième voie entre le capitalisme et le socialisme. Défendant l'étatisme économique, ils ne sont pas contre le secteur privé mais estiment que l'Etat doit décider où le secteur privé investit. L'opposition que le groupe rencontre bientôt ne se situe en fait pas sur le problème de l'étatisme, sur lequel les kémalistes sont en général d'accord, mais sur le statut qu'il faut lui donner, les opposants à Kadro défendant l'idée d'un étatisme provisoire qui doit aider au développement du secteur privé et de la bourgeoisie. Accusé de faire de la propagande communiste, le groupe finit par décider d'arrêter la publication.

Cette revue est le fruit d'une tentative qui touche à la compréhension du kémalisme lui-même. Pour notre sujet, les références nombreuses aux théoriciens de la révolution conservatrice en Allemagne sont évidemment intéressantes : pour la première fois peut-être, sur un sujet qui touche directement à la formulation de l'idéologie de l'Etat, des intellectuels turcs se réfèrent précisément à des auteurs allemands qu'ils connaissent bien, en particulier Werner Sombart. En Allemagne, cet économiste renommé est proche du courant de la « révolution conservatrice », et fait partie de ces intellectuels qui, isolés ou en groupes, ont en commun, dès la fin de la Grande Guerre, de dénoncer le déclin de la civilisation et d'être antilibéraux et antidémocratiques. Arthur Moeller van den Bruck, Oswald Spengler, Ernst Jünger, Carl Schmitt forment les figures les plus connues de ce mouvement de réaction radicale, qui reste difficile à catégoriser, mais qui, dans son désir d'Obrigkeit, est en tout cas préfasciste.

Werner Sombart, pour la revue Kadro, a à la fois constitué une référence et une justification : le fait qu'il ait mis en évidence la nécessité pour l'Allemagne d'avoir un dirigeant comme le Gazi, Mussolini ou Lénine, constitue sans aucun doute une sorte de garantie. L'économiste, dans Die Zukunft des Kapitalismus, estime en effet que pour mettre en place le programme économique nécessaire pour sortir de la crise, il faut « une volonté décidée », écrivant :

« Elle peut apparaître en tant que volonté individuelle comme dans le cas de Lénine, de Kemal pacha, de Mussolini, elle peut aussi être collective (...). Mais cette volonté doit être forte, unifiée, énergique et pourtant lucide (...). Qu'à notre pays échoit la grâce d'une telle volonté, c'est notre souhait à tous. Car nous sommes conscients que sans elle nous nous enfonçons dans le chaos. »

En Allemagne, Die Zukunft des Kapitalismus a reçu un accueil favorable de la part d'économistes de gauche. L'auteur y propose un programme politique centré sur une économie planifiée et un système autarcique modéré, reposant sur une « union nationale » et la volonté d'un ou de plusieurs.

L'intérêt des intellectuels de Kadro pour les théories de Sombart se situent dans la recherche d'une troisième voie : ainsi, Şevket Süreyya note dans un article intitulé « A propos du concept de plan » (Plan mefhumu hakkında) : « Ce plan, est-il un concept d'économie nationale, ou bien est-il un concept économique socialiste (c'est-à-dire international) ? A notre avis, l'originalité de la nouvelle thèse de Sombart est de se situer juste au milieu ».

Kadro, dans son numéro du mois de juin 1932, fait également paraître une interview de Hans Zehrer. Cet ancien étudiant de Sombart est le directeur du mensuel Die Tat, une revue qui connaît un grand succès au début des années 1930. Proche du courant de la révolution conservatrice, elle refuse la société de masse moderne, capitaliste et démocratique, et prône une économie autarcique et planifiée. Hans Zehrer se montre un admirateur convaincu du kémalisme, déclarant à la revue : « Le combat mené par les Turcs contre la domination étrangère constitue (...) la plus importante des révolutions menées après la Guerre », et ajoutant « votre révolution convient plus que l'union soviétique comme modèle pour les mouvements d'indépendance nationaux des autres colonies ou des autres semi colonies »." (p. 301-302)

Voir également : Le Jeune-Turc Tekin Alp et le modèle de l'Allemagne wilhelmienne

Friedrich Naumann et Ernst Jäckh

Colmar Freiherr von der Goltz
 
L'Allemagne impériale et la Turquie ottomane

La turcophilie allemande
  
La Turquie kémaliste et l'Allemagne nationale-socialiste

L'autoritarisme kémaliste
 
L'étatisme kémaliste 

La révolution kémaliste : une "restauration de l'histoire turque"

Le nationalisme turc, voie médiane entre occidentalisme et orientalisme

Le kémalisme, la bonne révolution